I. Clérn. d'Alex., Strom., III, ii
9. Pierre d'Alexandiie, dans Lagarde, neliquia jurit eccl. ont., p. 66; faint Augustin, De serm. domini in monte, I, 59 (0pp. III, V part., col. f 9S); conc. de Gangres, canon 3 ; Léon le Grand, Epist. [Hardouin, Conc-, 1, <75i et suiv,); cono. de Carth. de 419. canon 189; m* conc. de Itonie soui Sj'oimsque; Grég. I, Epist., I. iX, ép. 65.
qu'importe la condition de l'homme? « As-tu été appelé esclave, ne t*en soucie pas ; si tu peux te libérer, pro6tes-en... L'esclave est Taffranchî du Seigneur; l'homme libre est l'esclave du Christ... En Christ, il n'y a plus de Grec ni de Juif, d'esclave ni d'homme libre, d'homme ni de femme*. » Les mots servus et liberlus sont extrêmement rares sur les tombes chrétiennes*. L'esclave et l'homme libre sont également servus Dei, comme le soldat est miles Chris tù L'esclave, d'un autre côté, se dit hautement l'alTranchi de Jésus ^
Soumission et attachement consciencieux de l'esclave envers le maître, douceur et fraternité de la part du mattre à l'égard de l'esclave, à cela se borne, en pratique, la morale du christianisme primitif sur ce point délicat*. Le nombre des esclaves et des affranchis était très considérable dans l'Église'. Jamais
4. \o\c Saint Paul, p. 257, 436-437. Cf. Pseudo-Ign , ad Polyc, 4; Tatien, Adv. Gr., 4, 44 ; TertuUien, De cor,, 43; Z)e pat,, 45; Lactance, Instit., V, 45.
5. Le Blant, Inscr. chrét,, I, p. 86, 447 et suiv.; de Rossi, BuM., 4866,p. 24-25.
3. Réponse d'Évelpiste, dans les Actes de saint Justin, 4. Comp. Le Blant, Inscr., I, p. 4 23 et suiv.
4. Éphes., VI, 5-9;Col.,m,22; Tit., ii, 9; I Petri, ii, 48; i:ÉgL chrét., p. 99; Barnabe, 49; Clém. d'Alex., Pœdag., III, cil. XI et XII ; Pseudo-Ign., ad Polyc, 4.
5. Le Blant, Inscr., I, p. 448 et suiv.; Tertullien, Apol^ 4, 3; JEWus Aristide, 0pp., II, p. 405 (Dindorf),
celle-ci ne conseilla au maître chrétien qui avait des esclaves chrétiens de les aiïranchir-, elle n'interdit même pas les châtiments corporels, qui sont la conséquence presque inévitable de l'esclavage'. Sous Constantin, la faveur de la liberté parut rétrograder'. Si le mouvement qui part des Antonins se fât continué dans la seconde moitié du m* siècle et dans te IV' siècle, la suppression de l'esclavage fût venue par mesure légale et avec rachat. La ruine de la politique libérale et les malheurs du temps firent perdre tout le terrain que l'on avait gagné. Les Pères de l'Église parlent de l'ignominie de l'esclaveige et de la bassesse des esclaves dans les mêmes termes que les païens*. Jean Ghrysostome, au iv* siècle, est à peu près le seul docteur qui conseille formellement au maître l'affranchissement de son esclave comme une bonne action*. Plus tard, l'Église posséda des esclaves et les traita comme tout le monde, c'est-
I. Philoioph.^ïX., n;Ctmilil.apail.,iy, 6, 11; cooc. d'Bk Tire, canon S; Jean Chrys., Adv. jud., vui, 6; saint Grég. le Grand, Epîtt., IX, ép. SB. Voir, an contraire, Clém. d'Alex., Pœd., III, m, p. 413.
S. Wallon, Htat. de Vetel., Uvre III, cb. s, g 1 el S.
%. Saiol ÀDgastio, M /*!., xcix,$7; S»\y'Ma,Dt gvbtrm. Dm. IV, 1; Jean Chrys., De virgîn., 51.
4. JeanCbr^rs., bom. xl. S, in Ej>ùl. I adCor.; hom. xxii,S, in Epk.;ugiua. i» PhiUm.;\x>m. xi, 3, in Aeta Apott.; sermo T, l.mCerH. Cr. gainl Grég. le Grand, Eput., VI, 41.
MARC-AURÊLB. 000
à-dire assez durement*. La condition de l'esclave d'Église fut même empirée par une circonstance . savoir Timpossibilité d'aliéner le bien de l'Église. Qui était son propriétaire ? qui pouvait l'affranchir ? La difficulté de résoudre la question éternisa l'esclavage ecclésiastique et amena ce singulier résultat que l'Église, qui en réalité a tant fait pour .l'esclave, a été la dernière à posséder des esclaves*. Les affranchissements se faisaient en général par testament; or l'Église n'avait pas de testaments à faire. L'affranchi ecclésiastique restait sous le patronat d'une maîtresse qui ne mourait pas •.
C'est d'une façon indirecte et par voie de conséquence que le christianisme contribua puissamment à changer la situation de l'esclave et à hâter la fin de l'esclavage. Le rôle du christianisme, dans la question de l'esclavage, a été celui d'un conservateur éclairé, qui sert le radicalisme par ses principes, tout en tenant un langage très réactionnaire. En montrant
4. Saiot Grégoire le Grand, Epiit.,lX,^Q% ; X, 3, 66; XI, 23 XH, 25, 36, 46.