I. II Cor., V
s. Recogn., I, 45; Hom., m, 47-24. Ëpiphane attribue la même doctrine aux ébionites. Hœr., xxx, 3.
[An iG3 MARG-AURÈLE*
des écrits vraiment authentiques de la première inspiration chrétienne par sa prolixité, sa rhétorique, sa philosophie abstraite, empruntée, pour la plus grande partie, aux écoles grecques. Ce n*est plus ici un livre sémitique, sans nuance, comme les écrits purement judéo-chrétiens. Grand admirateur du judaïsme. Fauteur a l'esprit gréco-italien, l'esprit politique, préoccupé avant tout de la nécessité sociale, de la morale du peuple. Sa culture est tout hellénique ; de l'hellénisme, il ne repousse qu'une seule chose, la religion. L'auteur se montre à tous égards bien supérieur à sainf. Justin. Une fraction considérable de l'Église adopta l'ouvrage et lui fit une place à côté des livres les plus révérés de l'âge apostolique, sur les confins du Nouveau Testament ^ Les grosses erreurs qu'on y lisait sur la divinité de Jésus-Christ et sur les livres saints s'opposèrent à ce qu'il y restât; mais on continua de le lire ; les orthodoxes répondaient à tout en disant que Clément avait écrit son livre sans tache, qu'ensuite des hérétiques l'avaient altéré*. On en fit des extraits, où les passages malsonnants étaient omis, et auxquels on attri-
4. Credner, Gesch. des neutest, Kanon, p. 238, i44, 244, 249, 250; Tillemoot, Mëm., If, p. 463.
2. Synopse dite d'Atbanase, dans Credner, op, cit., p. 250; Dressel, Clementinorum epilomœ duœ, Leipzig, 4873; Reuss Gesch. der heiligen Schrxften, p. 252.
» ORIGINES DC CHRISTIANISME. (An lU
bua volontiei'S la théopneustie '. Nous avons vu et nous verrons bien d'autres exemples de romans inventés par les hérétiques forçant ainsi les portes de l'Église orthodoxe et se faisant accepter d'elle, parce qu'ils étaient édifiants et susceptibles de fournir un aliment à la piété.
Le fait est que cette littérature ébionite, malgré sa naïveté un peu enfantine, avait au plus haut degré l*onction chrétienne. Le ton était celui d'une prédication émue ; le caractère en était essentiellement ecclésiastique et pastoral. Pseudo-Clément est un partisan de la hiérarchie au moins aussi exalté que pseudo- Ignace. La communauté se résume en son chef; le clergé est l'indispensable médiateur entre Dieu et le troupeau'. Il faut deviner l'évêque à demimot, ne pas attendre qu'il vous dise : « Tel homme est mon ennemi h, pour fuir cet homme. Être ami de quelqu'un que l'évêque n'aime pas, parler h quelqu'un qu'il évite, c'est se mettre hors de l'Église, se placer au rang de ses pires ennemis. La charge de l'éi difficile ! Chacun doit travailler k la lui es diacres sont les yeux de l'évêque, ils
te, Hœr., xxx, <A.
de Clément à Jaci[ue3, I, 1<l, t7, tS. Les ConttiUt-
iques ne font sur ce point qae développer le cloo
nëliei.
[An 163] HARG-AURÈLB. Vl
doivent tout surveiller, tout savoir pour lui^ Une sorte d'espionnage est recommandé ; ce qu'on peut appeler l'esprit clérical n'a jamais été exprimé en traits plus forts.
Les abstinences et les pratiques esséniennes étaient placées très haut*. La pureté des mœurs était la principale préoccupation de ces bons sectaires. L'adultère, à leurs yeux, est pire que l'homicide. « La femme chaste est la plus belle chose du monde, le plus parfait souvenir de la création primitive de Dieu. La femme pieuse, qui ne trouve son plaisir qu'avec les saints, est l'ornement, le parfum et l'exemple de l'Eglise ; elle aide les ohsistes à être chastes ; elle charme Dieu lui-même. Dieu l'aime, la désire, se la garde ; elle est son enfant, la fiancée du Fils de Dieu, vêtue qu'elle eet de lumière sainte*. »
Ces mystiques images ne font pas de l'auteur un partisan de la virginité. Il est trop juif pour cela. Il veut que les prêtres marient les jeunes gens de