‹ Histoire des origines de ChristianismeChapitre 61 sur 364 · Homél., xiii · texte numérisé non relu

Homél., xiii

3. Voir les homélies xui et xiv, et la lettre à Jacques, 42, 46

94 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 163]

qu*il avait été dans des relations intimes avec Pierre et Barnabe, ce fut encore sous le nom de ce vénéré pasteur que Ton vit éclore toute une littérature apocryphe de Constitutions censées établies par le collège des Douze^ Le noyau de cette compilation apocryphe, première base d'un recueil de canons ecclésiastiques, s'est conservé à peu près sans mélange chez les Syriens'. Chez les Grecs, le recueil, grossi avec le temps, s'altéra sensiblement et devint presque méconnaissable*. On le cita comme faisant partie des Écritures sacrées, quoique toujours certaines réserves en aient rendu douteuse la canonicité\ De bonne heure, on s'accorda la liberté de donner à ce recueil de dires prétendus apostoliques

2. P. de Lagarde, Didascalia aposi, (Lipsiœ, 4854); Reliquiœ juris eccles. anliquissimi (Lipsiae, 4856); Bunsen, Ânalecta ante^ niccBna, t. II.

3. Constitutionê apostoliques, en huit livres. Les livres VII et VIII ont été ajoutés posténeurement. Les six premiers livres euz-^ mêmes sont gravement interpolés. Les versions orientales diffèrent beaucoup du grec.

4. Eusèbe, H. E., IIF, xxv, 3 ; De aleaioribus, ad calcem Cypr., édit. Rigault, p. 349; Athanase, EpisL fest., 39; Épiphane, Hœr., lxx, 7, 40, etc. ; Canones aposU, 86; Stichométrle de Nicéphore, Synopse dite d' Athanase, Anastase le Sinaïte, etc. [Credner, Gesch., p. 234, 235, 236, 244, 244, 247, 250, 252, 256]. Concil. Trullanum, canon 2; Pbolius, cod. cxn, cxiii; Nicéphore Cailiste [Credner, p. 256] ; Tilleroont, Mém., II, p. 464 et suiv.

(An 163) M-ARG-AURËLB. tN(

la forme qu'on jugea la plus propre h frapper les fidèles et à leur imposer^ ; toujours le nom de Clément fut inscrit en tête de ces rédactions diverses', qui offrent, du reste, avec le roman des Reconnais-^ iances les traits de la plus étroite parenté*. Toute la littérature pseudo-clémentine du ii* siècle présente ainsi le caractère d*une parfaite unité.

Ce qui la caractérise au plus haut degré, c'est Tesprit d'organisation pratique. Déjà, dans l'épltre supposée de Clément à Jacques, qui sert da préface

4. Tel fût le recueil de préceptes apostoliques qui a été publié par Bickell, Lagarde, Pilra, Hilgenfeld (Nov. Test, extra can. rec, IV, p. 93 et suiv.), qui est déjà cité par Clément d*Alexandrie comme -ypaçin (Lagarde, Reliquiœ, p. xix-xx, 76; Hilgenf., p. 95, 98, 405), et qui paraît être Touvrage mentionné par Rufin (Expos, in iymb. apost., c. 38) et saint Jérôme {De virii ilL, 4) sous le titre de Duœ viœ vel Judicium Pétri (cf. Const. apost., init.). Voir cependant Gebh. et Harn., Patr, apost, op,, I, ii, deuxième édit., p. xxYUi-xxxi. La publication de la Ai^axin tûv ^«i^ixa airo- 9iikm du manuscrit du Fanar (Pbiiothée Bryenne, p. v) est encore attendue. Comp, Hilg., p. 79 et suiv. Voir Eusèbe, H, E,^ H, XXV, 4.

%. Gotelter, Patres apostolioi; Tillemont, Mém., n, p. 46S et suiv. ; Lagarde, Reliquiœ, p. 35, 74, 80, etc. ; Credner, Gesch. des netUesl, Kanon, p. 244 . i

3. Anastase le Sinalte, Nicéphore, dans Credner, p. 234 , 244. Comparez la discipline ecclésiastique contenue dans TépUre de Clément à Jacques et la discipline des Constitutions, Notez Constit. apost.,\\U,^0, Jacques, Clément, Evhode, représentant les Églises de Jérusalem, de Rome, d'Antioche.

96 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 1C3J

aux Reconnaissances, Pierre, avant de mourir, tien^ un long discours sur Tépiscopat, ses devoirs, sei difficultés, son excellence, sur les prêtres, les diacres, les catéchistes, qui est comme une édition nouvelle des Epîtres à Tite et à Timothée^ Les Constitutions apostoliques furent une sorte de codification, successivement agrandie, de ces préceptes pastoraux. Ce que Rome fonda, ce n'est pas le dogme ; peu d'Eglises furent plus stériles en spéculations, moins pures S0U8 le rapport de la doctrine : Tébionisme, le montanisme, Tartcmonisme, y eurent tour à tour la majorité. Ce que Rome fit, c'est la discipline, c'est le catholicisme.

A Rome, probablement, le mot d' « Église catholique » fut écrit pour la première fois*. Evêque, prêtre, laïque, tous ces mots prennent dans cette Eglise hiérarchique un sens déterminé. L'Eglise est un navire où chaque dignitaire a sa fonction pour le salut des passagers *. La morale est sévère et sent déjà le cloître. Le simple goût de la richesse est condamné*. La parure des femmes n'est qu'une

Page 1