CHAPITRE VI
- LES UBDX SISTBMES I
Talien, après la mort de Justin', resta plusieurs années à Rome. Il y continua l'école de son maître, professant toujours pour lui une haute admiration', mais cliaque jour g'écartant de plus en plus de son esprit. Il compta des élèves distingués, entre autres l'Asiate Rhodon, fécond écrivain, qui devint plus tard un des soutiens de l'orthodoxie contre Marcion et Apelle*. Ce fut probablement dans les premières années du règne de Marc-Aurèle que Tatien composa cet écrit, dur et incorrect de style, parfois vif et piquant, qui passe, à bon droit, pour un des
t. Voir r Église chrétienne, p. 484, 485. t. Oral. ado. GrtBCOi, 18, 19.
RbodoD,daDS Eus., V, xiii,t, 8; saint Jor., De virit HIm*-
(An i64] MARC-AURÈLfi. m
monuments les plus originaux de l'apologétique chrétienne au n* siècle.
L'ouvrage est intitulé Contre les Grecs. La haine de la Grèce était, en effet, le sentiment dominant de Tatien. En vrai Syrien*, il jalouse et déteste les arts et la littérature qui avaient conquis Tadmiration du genre humain. Les dieux païens lui semblent la personnification de l'immoralité. Le monde de statues grecques qu'il voyait à Rome ne lui donnait pas de repos ^.Récapitulant les personnages en l'honneur de qui elles avaient été dressées, il arrivait à trouver que presque tous, hommes et femmes, avaient été des gens de mauvaise vie*. Les horreurs dé l'amphithéâtre le révollaient à meilleur droit*; mais il confondait à tort avec les cruautés romaines les jeux nationaux et le théâtre des Grecs. Euripide, Ménandre, lui paraissaient des maîtres de débauche, et (vœu qui fut trop exaucé!) il souhaitait que leurs œuvres fussent anéanties •.
4. Ftvvr.OiU <v rp tûv Âdouptrov ']fp(§ 42), sans doute l'Adiabène. Cf. Epiph.. Hœr., indic. ad tom. m libri I. Tatien parle, en eflet, des persécutions comme quelqu'un qui n'est pas sujet de Tempire (§ 4j. Le ton du § 1*' est d'un homme étranger à la patrie gréco-romaine.
î. Orat. adv. Gr., 35.