Ibid.j, I, VI
6. Clém. d'Alex., Strom., Il, ch. 2, 6. Ce n'est probablem^ant
120 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 165]
était savante, mais peu assurée. Quand on les pressait avec des textes de l'Écriture, ils disaient que l'Ecriture avait été corrompue. Quand la tradition apostolique leur était contraire, ils n'hésitaienl pas non plus à la rejeter ^ Ils avaient, paratt-il, un Evangile qu'ils appelaient V Évangile de la vérité*. Ils ignoraient en réalité l'Évangile du Christ. Ils substituaient au salut par la foi ou par les œuvres un salut par la gnose, c'est-à-dire par la connaissance d'une prétendue vérité. Si une pareille tendance avait prévalu, le christianisme eût cessé d'être un fait moral pour devenir une cosmogonie et une métaphysique sans influence sur la marche générale de l'humanité.
Ce n'est jamais impunément, d'ailleurs, qu'on fait miroiter aux yeux du peuple des formules abstruses, dont on se réserve le sens. Un seul livre valentinien nous est resté, « La Fidèle sagesse* »; et il montre
que plus tard qu'ils eurent des vierges, comme les marcionites. Ils arrivèrent môme, dit-on, à condamner le mariage. Jean Chrys., De virg.j ch. 3, 6.
4. Irénée, I, proœm.; IIl, ii et xv; Tertullien, Prœscr,, 38, [49]; Orig., Contre Celse, 11, 27.
t, Irénée, HT, xi, 9.
3. On en a la traduction copie. Pisiis (lisez Pisté ?) Sophia, opm gnosticum Valentino adjudicalum.,/,, vertit Schwartze, edidit Petemiann. Berlin, 4854. Cf. Journal asiat,, mai 4847, et Comptes ren'us de V Académie des inscr,, 4872, p. 333 et suiv.
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à quel degré d'extravagance en venaient des spéculations, assez belles dans la pensée de leurs auteurs, quand elles tombaient en des esprits puérils. Jésus, après sa résurrection, est censé passer onze ans sur la terre pour enseigner à ses disciples les plus hautes vérités. Il leur raconte* l'histoire de Pisté Sophia, comment celle-ci, entraînée par son désir imprudent de saisir la lumière, qu'elle a entrevue dans le lointain, était tombée dans le chaos matériel; comment eiie fut longtemps persécutée par les autres éons, qui lui refusaient son rang; comment enfm elle traversa une série d'épreuves et de repentances, jusqu'à ce qu'un envoyé céleste, Jésus, descendît pour elle de la région lumineuse. Sophia est sauvée pour avoir cru à ce sauveur avant de l'avoir vu. Tout cela est exprimé dans un style prolixe, avec les procédés fatigants d'amplification et d'hyperbole des Évangiles apocryphes. Marie, Pierre, Madeleine, Marthe, Jean Parthénos et les différents
L*oavrage est peutr^tre identique aux « Petites interrogations de Marie », dont Épiphane parle comme d*un ouvrage gnostique. Voyez l'ÉgL chrët,, p. 528. La Pisté Sophia consiste, en effet, pour la plus grande partie, en interrogations adressées par Marie à Jésus. D'autre part, les Psaumes de Valentin (Tertull., De came Chritti, 47, 20) pourraien être les psaumes (fiiivavoiai) que Fauteur met dans la bouche de Pistis Sophia. (Schwartze, p. 35, 39, 64, etc.).