‹ Histoire des origines de ChristianismeChapitre 81 sur 364 · P. aOetsuiv · texte numérisé non relu

P. aOetsuiv

122 ORIGINES DU GHJIISTIÂNISME. [Asm]

personnages évangéliques jouent un rôle presque ridicule ^ Mais les personnes qui trouvaient de la sécheresse dans le cercle assez restreint des Écritures juives et judéo-chrétiennes, prenaient du plaisir à ces rêves, et plusieurs avaient dû à de telles lectures l'occasion de connaître Christ. Les formes mystérieuses de la secte, reposant avant tout sur l'enseignement oral, et ses degrés successifs d'initiation fascinaient les imaginations et faisaient tenir extrêmement aux révélations qu'on avait obtenues à 1^ suite de tant d'épreuves*. Après Marcion, Valentin était de beaucoup l'hérétique dont les collèges étaient le plus fréquentés'. Bardesane, à Édesse, réussit, en s'inspirant de lui, à créer une large et libérale école d'enseignement chrétien, comme on n'en avait pas encore vu. Nous parlerons plus tard* de ce phénomène singulier.

Saturnin comptait toujours de nombreux disciples*. Basilide avait pour continuateur son filslsi-

4. Les rédacteurs évangéliques y sont Matthieu, Philippe et Thomas (p. 47 et 48 de la traduction de Schwartze).

2. Tertullien, Adv, VaX., c. K \ Pisté Sophia^ dans les Comptes rendus de VAcad., 4872, p. 338 et suiv.

3. « Valentiniani frequentissimum plane collegium inter hœreticos. » Tertullien, l, c.

4. V. ci-après, p. 436 et sui?., 458 et suiv. 6. Justin, Dial., 35.

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dore. Il s'opérait, du reste, dans ce monde de sectes, des fusions et des séparations qui n'avaient souvent pour mobile que la vanité des chefs*. Loindes'épur rer et de se prêter aux exigences de la vie pratique, les systèmes gnostiques devenaient chaque jour plus creux, plus compliqués, plus chimériques. Chacun voulait être fondateur d'école, avpir une Église avec ses profits; pour cela, une nuée de docteurs, les moins chrétiens des hommes, cherchaient à se surpasser les uns les autres, et ajoutaient quelque bizarrerie aux bizarreries de leurs devanciers *.

L'école de Carpocrate offrait un incroyable mélange

d'aberrations et de fine critique. On parlait, comme d'un miracle de savoir et d'éloquence, du fils de Carpocrate, nommé Épiphane', sorte d'enfant prodige qui mourut à dix -sept ans, après avoir étonné ceux qui le connurent par sa science des lettres grecques et surtout par la connaissance qu'il avait de la philosophie de Platon. Il paraît qu'on lui éleva un temple et des autels à Samé, dans l'île de Céphalonie; une académie fut érigée en son nom; on célé-

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