‹ Histoire des origines de ChristianismeChapitre 83 sur 364 · Fragmeot dans Clément d*A]ex., Slrom., III, I · texte numérisé non relu

Fragmeot dans Clément d*A]ex., Slrom., III, I

An 1651 MARC-ÂURÈLE. 125

doctrine des sages, Pythagore, Platon, Jésus, oîi régneraient l'égalité et, par conséquent, la communauté de toute chose *. Son tort fut de croire qu'un tel monde peut avoir sa place dans la réalité. Égaré par la Républif/tie de Platon, qu'il prenait au sérieux, il versa dans les plus tristes sophismes, et, quoiqu'il faille sans doute beaucoup rabattre des calomnies banales que l'on racontait sur ces festins où, les lumières éteintes, les convives se livraient à une odieuse promiscuité, il est difficile de ne pas admettre qu'il se produisit de ce côté d'étranges folies. Une certaine Marcelline, qui vint à Rome sous Ânicet, adorait les images de Jésus-Christ, de Pythagore, de Platon et d'Aristote, et leur offrait un culte *• Prodicus et ses disciples, nommés aussi adamites, prétendaient renouveler les joies du paradis terrestre par des pratiques fort éloignées de l'innocence primitive. Leur Église s'appelait le Paradis; ils la chauffaient et s'y tenaient nus. Avec cela, ils s'appelaient les continents et avaient la prétention de vivre dans une entière virginité*. Au nom d'une sorte de droit

% Irénéo, I, ch. xxv, 6; Pseudo-Aug., 7; Celse dans Origène, CarUre Celse, V, 6î.

3. Clém. d'Alex., Sirom,, I, ch. 45; III, ch. 4; VU, ch. 7; Tert , Adv. Prax,,Z\ Origône, De oraliœie, 5; Épiphane, Hœr., lu; Tbéodoret, Hœr.fab., I, 6; Pseudo-Aug., 34.

naturel et divin, toutes ces. sectes, prodicîens, entychites, adamites, niaient la valeur des lois établies, qu'ils qualifiaient de règles arbitraires et de prétendues lois *.

Les nombreuses conversions de païens qui avaient lieu entraînaient ces sortes de scandales. On entrait dans rÉglise, attiré par un certain parfum de pureté morale; mais on ne devenait pas pour cela un saint. Un peintre d'un certain talent, nommé Hermogène, se fit ainsi chrétien, mais sans renoncer à la liberté de ses pinceaux, ni à son goût pour les femmes, ni à ses souvenirs de philosophie grecque, qu'il amalgamait tant bien que mal avec le dogme chrétien. Il admettait une matière première, servant desubstratum à toutes les œuvres de Dieu et cause des défectuosités inhérentes à la création. On lui prêta des bizarreries, et les rigoristes tels que Tertullien le traitèrent avec une extrême brutalité *.

Les hérésies dont nous venons de parler étaient toutes helléniques. C'était la philosophie grecque, surtout celle de Platon, qui en était l'origine.

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