Nakaa, en bébreu, veut dire ■ serpent i
i. Voir surtout les Phiio$ophwii. , livre V; Épiph., Uœr., uxvii; Iréoéâ, I, zxz; Tbéodoret, I, 44; Pseudo-Aug., 17; rertuUiea, Praicr.,c. [47]; Philastre, ch. 4.
6. La plupart du sectes opbiolitres resléreot ennemies dn cbrisIianÎBine. VoirOrig,,Con{re Celae, lil, 13; VI, S4; Philastre,
', 4 et SDÎv.
!neph ou agalbodémoD.
saint Philippe, dans Tischeodorr, Acta apoit
thon, p. 48 (Orelli].
mboUque, ie serpent.
(An 165] MARG-AURËLE. 433
apprivoisés (agathodémons) qu'ils tenaient dans des cages; au moment de célébrer les mystères, ils ouvraient la porte au petit dieu et l'appelaient. Le serpent venait, montait sur la table où étaient les pains et s'entortillait à l'entour. L'Eucharistie paraissait alors aux sectaires un sacrifice parfait. Ils rompaient le pain, se le distribuaient, adoraient Pagathodémon et offraient par lui, disaient-ils, un hymne de louange au Père céleste. Ils identifiaient parfois leur petit animal avec le Christ ou avec le serpent qui enseigna aux hommes la science du bien et du mal.
Les théories des ophites sur l'Adamas, considéré comme un éon, et sur l'œuf du monde, rappellent les cosmogonies de Philon de Byblos et les symboles communs à tous les mystères de l'Orient*. Leurs rites avaient bien plus d'analogie avec les mystères de la Grande Déesse de Phrygie qu'avec les pures assemblées des fidèles de Jésus. Ce qu'il y a de plus singulier, c'est qu'ils avaient leur littérature chrétienne, leurs Evangiles, leurs traditions apocryphes, se rattachant à Jacques. Ils se servaient principalement de l'Évangile des Égyptiens et de celui de Thomas*. Leur christologie était celle de tous les gnostiques.
1. Mém. de V Académie dei \;i$cription8, t. XXIII, V partie, p. 244 et saiv.
S. Voir VÉglise chrétienne, p. 543 et sair.
131 ORIGINES DC CHRISTIANISME. [An tS5]
Jésus Christ se composait pour eux de deux personnes, Jésus et Christ, — Jésus, fils de Marie, )e plus jusle, le pluss^e et le plus pur des hommes, qui fut crucifié; - Christ, éon céleste, qui vint s'unir à Jésus, le quitta avant la Passion, envoya du ciel une vertu qui fit ressusciter Jésus avec un corps spirituel, dans lequel il vécut dix-huit mois, donnant à un petit nombre de disciples élus un enseignement supérieur.
Sur ces confins perdus du christianisme, les dogmes les plus divers se mêlaient. La tolérance des gnostiques, leur prosélytisme ouvraient si larges les portes de l'Église que tout y passait. Des religions qui n'avaient rien de commun avec le christianisme, des cultes babyloniens, peut-être des rameaux du bouddhisme, furent classés et numérotés par les hérésiologues parmi les sectes chrétiennes. Tels furent les baptisles ou sabiens, depuis désignés sous le nom de mendaïtes', les pérates *, partisans d'une
4 . Jottm. <aiat., nov.-déc. i 853, p. 436, 437; août-sept. i 855,
p. 191-194. Voir aussi gioadi, Relig. des Soubbas, Paris, tSSO.
• les Soubbas ou Sabiens sont probablement des
d'Alex., Strom., VII, (7; Pkiiosopkumena, V, iO; Théodoret, I, (7. Cf. Journal asiat., nov.- 36, 437. Ce nom parait venir de ce que la sect« ]e l'Euphrale, Cf. Gen., iiv, i5 (grec).
(An 465) MâRC-AURÈLB 435
cosmogonie moitié phénicienne, moitié assyrienne, vrai galimatias plus digne de Byblos, de Maboug ou de Babylone que de l'Église du Christ, et surtout les séthîens *, secte en réalité assyrienne, qui fleurit aussi en Egypte. Elle se rattachait par des calembours au patriarche Seth, père supposé d'une vaste littérature et par moments identifié avec Jésus-Christ lui-même. Les séthiens combinaient arbitrairement Torphisme, le néo-phénicisme, les anciennes cosmogonies sémitiques, et retrouvaient le tout dans la Bible. Ils disaient que la généalogie de la Genèse renfermait des vues sublimes, que les esprits vulgaires avaient ramenées à de simples récits de famille*.
Un certain Justin •, vers le même temps, dans un livre intitulé Baruchy transformait le judaïsme en une mythologie et ne laissait presque aucun rôle à Jésus. Des imaginations exubérantes, nourries d'interminables cosmogonies et mises brusquement au régime sévère de la littérature hébraïque et évangélique, ne pouvaient s'accommoder de tant de
4. Voir surtout Philos., V, 19 et suiv,; Èpiphane, Hœr., rxvi, 7; xxix, 6; Théodorel, Pseudo-Aug., Philastre; Tertullien, Prœscr., c 47. Cf. Méni. de VAcad, des imcr,, XXIV, ^"^ partie, p. 466, Fabricius, Cod. pseud, vet. Test., I, 440, 443 et suiv.; II, 47 et suiv.
%, Êpiph., Hœr,, xxxix, 9.