Saint Ambroise [Dt parad,. Y, 28) en cite le tome XXXVm
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thique, étaient relevées avec beaucoap de sagacité ^ Son livre fut considéré comme une réfutation de la Bible et repoussé comme blasphématoire*.
Esprit trop juste pour le monde sectaire où il s'étïdt engagé, Apelie était condamné à changer toujours. Sur la fin de sa vie, il désespéra tout à fait des Ecritures. Même son idée fondamentale de l*unité divine vacilla devant lui, et il arriva, sans 6*en douter, à la parfaite sagesse, c'est-à-dire au dégoût des systèmes et au bon sens. Rhodon, son adversaire, nous a raconté une conversation qa*il eut avec lui II Rome vers 180. « Le vieil Apelie, dit-il ', s'étant abouché avec nous, nous lui montrâmes qu'il se trompait en beaucoup de choses, si bien qu'il fut réduit k dire qu'il ne fallait pas si fort examiner les matières de la religion, que chacun devait demeurer dans sa croyance, que ceux-là seraient sauvés qui espéraient dans le crucifié, pourvu qu'ils fussent trouvés gens de bien. Il avouait que le point le piut obscur pour lui était ce qui concernait Dieu. Il n'admettait comme nous qu'un seul principe. . . « Où est
4. Saint Ambroise, l, c; Origène, M Gen,, hom. ii, S. %. Eusèbe, H. E., V, xiii, 9.
5. Eus., V, ch. 43. Cf. saint Jérôme, De viris ill,, ch. 37; Pâeudo-Uieronymus, hidiculus de hœr., c. 47; Harnack, Apelles, p. 46,47.
ISA ORIGINES OC CHRISTIANISUE. [ha 16E>)
» la preuve de tout cela, lui demandai-je, et qu'est- » ce qui te permet d'alTirniet' qu'il n'y a qu'un seul » principe ?» Il m'avoua alors que les prophéties ne peuvent nous rien apprendre de vrai, puisqu'elles se contredisent et se renversent elles-mêmes ; que cette assertion : « Il n'y a qu'un principe » , était plutôt chez lui l'effet d'un instinct que d'une connaissance positive. Lui ayant demandé par serment de dire la vérité, il me jura qu'il parlait sincèrement, qu'il ne savait pas comment il n'y a qu'un seul Dieu non engendré, mais qu'il le croyait. Pour moi, je lui reprochai en riant de se donner le titre de maître, sans pouvoir alléguer aucune preuve en faveur de sa doctrine. »
Pauvre Rhodon I C'était l'hérétique Apelle qui, ce jour-là, lui donnait une leçon de bon goût, de tact et de vrai christianisme. L'élève de Marcion était réellement guéri, puisqu'il une creuse Gnosit il préférait la foi, l'instinct secret de la vérité, l'armour du bien, l'espérance dans le crucifîé.
Ce qui donnait une certaine force à des idées comme celles d'Apelle, c'est qu'elles n'étaient, à beaucoup d'égards, qu'un retour k saint Paul. Il n'est pas douteux que saint Paul, ressuscitant à l'heure du christianisme oii nous sommes arrivés, n'eût catholicisme faisait à l'Ancien Testa-
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ment trop de concessions. Il eût prolesté et soutenu qu'on revenait au judaïsme, qu'on versait le vin nouveau dans de vieilles outres*, qu'on supprimait la différence de l'Evangile et de la Loi.
La doctrine d'Apelle ne sortît pas de Rome et ne dura guère après sa mort. Tertullien, cependant, se crut obligé de la réfuter*. Un certain Lucain ou Lucien fit, comme Âpelle, secte à part dans l'Eglise marcionite*. Il semble qu'il admettait, comme Synérôs, trois principes, l'un bon, l'autre mauvais, l'autre juste. Le principe strictement juste était représenté par le démiurge ou créateur. Dans sa haine contre ce dernier, Lucien supprimait le mariage. Par ses blasphèmes contre la création, il parut à d'autres se rapprocher de Cerdon*.
Sévère semble avoir été un gnostique attardé plus encore qu'un marcionite*. Prépon l'Assyrien niait la naissance du Christ et soutenait que, l'an 15