‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 1096 sur 1128 · Aujourd'hui en ruine; village de Beiratnkeui · texte numérisé non relu

Aujourd'hui en ruine; village de Beiratnkeui

alla d'Assos à Mityl'ène S oU l'on fit escale ; le second iour, on suivit le détroit entre Ghios et la presqu île de Clazomènes; le troisième, on toucha h Samos"; mais, pour un motif que nous ignorons, Paul et ses compagnons aimèrent mieux aller passer la nuit à l'ancrage de Trogyle, sous la pointe du cap voism, au pied du mont Mycale'. On avait ainsi passe devant Éphèse sans y aborder. C'était l'apôtre qui 1 avai voulu fil craign.it que l'amitié des fidèles d Ephese ne le retînt et que lui-même ne put s'arracher a une ville qui lui éUit chère; or il tenait beaucoup à célébrer la Pentecôte à Jérusalem, et, vingt-trois ou vmgtauatre jours s'étant écoulés depuis Pâques, il ny avait pas de temps à perdre. I^ lendemain, une courte navigation conduisit la troupe fidèle de Trogyle à l'un des ports de Milet ' . Là, Paul éprouva un vif scrupule d'avoir passé sans donner signe de vie à sa chère communauté d'Éphèse. Il envoya un de ses compagnons pour la prévenir qu'il était a quel-

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ques lieues d'elle, et pour invite; les anciens ou surveillants à venir le trouver. Ils vinrent avec empressement, et, quand ils furent réunis, Paul leur adressa un discours, touchant, résumé et dernier mot de sa

vie apostolique ' :

« Depuis le jour où je suis venu en Asie, vous savez ce que j'ai été pour vous. Vous m'avez vu servir Dieu dans l'humilité, les larmes, les épreuves, et employer toutes mes forces à prêcher aux juifs et aux gentils le retour à Dieu et la foi en Notre-Seigneur Jésus-Christ. Et maintenant, voilà que, lie par l'Esprit, je vais à Jérusalem. Je ne sais ce qui m'y . attend; je sais seulement que, de ville en ville, l'Esprit-Saint m'annonce '- que des chaînes et des tribulations m'attendent. Mais peu m'importe; je fais volontiers le sacrifice de ma vie, pourvu que j'achève ma course et que j'accomplisse la mission que j ai reçue du Seigneur Jésus, de rendre témoignage a l'Évangile de la grâce de Dieu. 0 vous tous à qm

< Le narrateur des Actes fut présent à ce discours; mais il est clair qu'il ne faut pas chercher ici de reproduetion littérale Le narnleur aura , sans s'en douter, modifié le discours selon la disposition d'esprit où il était en écrivant son récit La pred.cfon du verset 25 ne s'accorde pas bien avec Phil., n, 24, et Ph.lem., 22.

S Par des songes et des pressentiments, ou par des indices fortuits tenus pour prophétiques, ou par des prophètes : comp. Act., XXI, 4, lOetsuiv.

[An 58) SAINT PAUL. ^03

j'ai annoncé le royaume, je sais que vous ne verrez plus mon visage; je proteste donc aujourd'hm que le suis innocent de la perte de ceux qui périront; car je n'ai rien négligé pour vous faire connaître la volonté de Dieu. Veillez sur vous-mêmes et sur tout le troupeau auquel l'Esprit-Saint vous a donnés pour surveillants; soyez les vrais pasteurs de l'Eghse que le Seigneur a acquise par son sang; car je sais qu'après mon départ des loups rapaces tomberont sur vous et n'épargneront pas le troupeau. Et du milieu de vous se lèveront des hommes proférant des discours pervers, pour attirer des disciples après eux'. Veillez donc, vous souvenant que, durant trois années, je n'ai cessé jour et nuit d'exhorter chacun avec larmes. Et maintenant, je vous recommande a la grâce de Dieu, qui peut vous donner une place parmi les sanctifiés. Je n'ai désiré ni l'argent, m 1 or. ni le vêtement d'aucun de vous. Vous savez que ces mains ont pourvu à mes besoins et à ceux de tous mes compagnons. Je vous ai montré comment on ^eut par le travail avoir encore de-quoi secounre^

pauvres et justifier la parole du Seigneur :« Il y * « plus de bonheur à donner qu'à recevoir. »

,,,n'aùte„rdes.c..force,anuan^et.>o^^^^^^^^^ non de l'an 58, où nous sommes, mais de 1 an 75

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504 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 58]

Tous alors s'agenouillèrent et prièrent. On n'entendait qu'un sanglot étouffé. La parole de Paul : «Vous ne verrez plus mon visage, » leur avait percé le cœur. Chacun à leur tour, les anciens d'Éphèse s'approchèrent de l'apôtre, appuyèrent leur tête sur son cou et l'embrassèrent. Ils le conduisirent ensuite au port et ne quittèrent le rivage que quand le navire appareilla, entraînant l'apôtre loin de cette mer Egée qui avait été comme le champ clos de ses luttes et le théâtre de sa prodigieuse activité.

Un bon vent arrière porta la troupe apostolique du port de Milet à Cos. Le lendemain, elle atteignit Rhodes S et, le troisième jour, Patare% sur la côte de Lycie. Là, ils trouvèrent un navire qui chargeait pour Tyr. Le petit cabotage qu'ils avaient fait jusque-là au long des côtes d'Asie les eut fort attardés, s'il eût dû se continuer au long des côtes de Pamphylie, de Cilicie, de Syrie et de Phénicie. Ils préférèrent couper court , et , laissant là leur premier navire, ils montèrent sur celui qui faisait voile pour la Phénicie. La côte occidentale de Chypre était juste sur leur chemin. Paul put voir de loin cette Néa- Paphos, qu'il avait visitée treize ans auparavant, au

4 . Les chefs-lieux des îles de Cos et de Rhodes sont restés au même point que dans l'antiquité.

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