‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 111 sur 1128 · Jean, v · texte numérisé non relu

Jean, v

VIE DE JÉSUS

Le succès de la parole du nouveau prophète fut cette fois décisif. Un groupe d'hommes et de femmes, tous caractérisés par un même esprit de candeur juvénile et de naïve innocence, adhérèrent à lui et lui dirent: « Tu es le Messie. » Comme le Messie devait être fils de David, on lui décernait naturellement ce titre, qui était synonyme du premier. Jésus se le laissait donner avec plaisir, quoiqu'il lui causât quelque embarras, sa naissance étant toute populaire. Pour lui , le titre qu'il préférait était celui de « Fils de l'homme », titre humble en apparence, mais qui se rattachait directement aux espérances messianiques. C'est par ce mot qu'il se désignait S si bien que , dans sa bouche , « le Fils de l'homme » était synonyme du pronom « je », dont il évitait de se servir. Mais on ne l'apostrophait jamais ainsi, sans doute parce que le nom dont il s'agit ne devait pleinement lui convenir qu'au jour de sa future apparition.

Le centre d'action de Jésus, à cette époque de sa vie, fut la petite ville de Capharnahum, située sur le bord du lac de Génésareth. Le nom de Capharnahum, oii entre le mot caphar^ « village » , semble désigner une bourgade à l'ancienne manière, par opposition

h . Ce titre revient quatre-vingt-trois fois dans les Évangiles, et toujours dans les discours de Jésus.

aux grandes villes bâties selon la mode romaine, commB Tibériade^ Ce nom avait si peu de notoriété, que Josèphe, k un endroit de ses écrits*, le prend pour \e nom d'une fontaine, la fontaine ayant plus de célébrité que le village situé près d'elle. Comme Nazareth, Capharnahum était sans passé, et n'avait en rien participé au mouvement profane favorisé par les Hérodes. Jésus s'attacha beaucoup à cette ville et s'en fit comme une seconde patrie \ Peu après son retour, il avait dirigé sur Nazareth une tentative qui n'eut pas de succès*. Il n'y put faire aucun grand miracle, selon la naïve remarque d'un de ses biographes*. La connaissance qu'on avait de sa famille, laquelle était peu considérable, nuisait trop à son autorité. On ne pouvait regarder comme le fils de David celui dont on voyait tous les jours

il. Il est vrai que Tell -Hum, qu'on identifie d'ordinaire avec Capharnahum, offre des restes d'assez beaux monuments. Mais, outre que cette identification est douteuse, lesdits monuments peuvent être du ii' et du m" siècle après J.-G.

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