Cf. Marc, XVI
ter dans le brasier, Paul ramassa en même temps une vipère. On crut qu'elle l'avait mordu à la main. L'idée se répandit que cet homme était un meurtrier, poursuivi par la Némésis, laquelle, n'ayant pu l'atteindre au moyen de la tempête, le poursuivait à terre. Les gens du pays, à ce qu'il paraît, s'attendaient à chaque' instant à le voir gonfler et tomber mort. Comme il n'en fut rien, ils se prirent, dit-on, à le regarder comme un dieu.
Près de la baie où le navire avait fait naufrage étaient les terres d'un certain Publius, princeps du municipe que l'île formait avec Gaulos'. Cet homme vint trouver les naufragés, recueillit dans sa métairie au moins une partie d'entre eux, desquels étaient Paul et ses compagnons, et les y traita pendant trois jours avec beaucoup d'hospitalité. Ici encore arriva un de ces prodiges que les disciples de Paul croyaient voir éclore à chaque instant sous ses pas. L'apôtre guérit, dit-on, par l'imposition des mains le père de Publius, qui souffrait de la fièvre et de la dyssenterie. Sa réputation de thaumaturge se répandit dans l'île, et on
i ô itpâ.«« T^î vna:u. Comparez ^fûto; MsXiTaîov, Corpus inscr. qr n" 5754, mais non MEL. PRIMVS de l'inscription de Henzen, n«'6124, où Melilemium est gouverné par ce qui précède, et primm gouverne ce qui suit, contrairement à ce quava.t cru Cianlar. Notez les noms latins des deux principes.
558 ORIGINES DU CHRISTIANISME. lAn 61]
lui amenait les malades de tous les côtés II n'est pas dit cependant qu'il y ait fondé d'Eg se C^ basses populations africaines ' ne pouvaient s e^ver au-dessus de la superstition et du sensualisme gios-
L'ancien cabotage de la Méditerranée avait coutume de chômer pendant l'hiver. L'effroyable traversée qu'on venait de faire n'encourageait pas a se remettre en mer. On resta trois mois à Malte du 15 novembre 60 au 15 février 61, à peu près. Alors, Julius négocia le passage de ses prisonniers e de ses soldats sur un autre navire alexandrin, le Cast et PoUu.v, qui avait hiverné dans le port de 1 île. On gagna Syracuse, où l'on resta trois jours; puis
on cingla vers le détroit, et on toucha à Reggio. Le lendemain, un bon vent du sud s'éleva et porta le
navire en deux jours Ji Pouzzoles.
Pouzzoles, comme nous l'avons déjà dit, était le port d'Halle le plus fréquenté par les Juifs. C était Îl aussi d'ordinaire que les navires d'Alexandrie opéraient leur déchargement^ H s'y était forme en même temps qu'à Rome, une petite société chre-
,. La langue vulgaire de l'Ile était toujours le punique. Ad..
Tstr^bon, XVn,>,7; Pline, XXXVI, U; Suétone, Mg., 98. Jos., V'i(«, 3; Pliilon, lnFlacc.,%o.
[An 611
tienne. L'apôtre y fut très-bien accueilli; on le pria de rester sept jours, et, grâce à la complaisance du bon centurion Julius, qui s'était fort attaché à lui, cela fut possible. On se mit ensuite en route pour Rome. Le bruit de l'arrivée de Paul s'était répandu parmi les fidèles de celte ville, pour quelques-uns desquels il était déjà, depuis l'envoi de son épître, un maître connu et respecté. Au relais de poste appelé Forum d'Appius% à quarante-trois milles de Rome, sur la voie Appienne, une première députation l'atteignit. A dix milles plus loin, au sortir des marais Pontins, près de l'endroit nommé « les Trois Tavernes » , à cause des hôtelleries qui s'y étaient établies » , un nouveau groupe vint le rejoindre. La joie de l'apôtre éclata en vives actions de grâces. La troupe sainte nt non sans émotion les onze ou douze lieues qui séparaient les Trois Tavernes de la porte Capène, et, suivant toujours la voie Appienne, par Aricie et Albano, le prisonnier Paul entra dans Rome, au mois de mars de l'an 61 , en la septième année du règne de Néron, sous le consulat de Cœsennius Pœtus et de PétroniusTurpilien'.