‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 140 sur 1128 · PI>*DIC*TIOIIS D» LAC · texte numérisé non relu

PI>*DIC*TIOIIS D» LAC

Tel était le groupe qui, sur les bords du lac de Tibériade, se pressait autour de Jésus. L'aristocratie y était représentée par un douanier et par la femme d'un régisseur. Le reste se composait de pêcheurs et de simples gens. Leur ignorance était extrême ; ils avaient l'esprit faible, ils croyaient aux spectres et aux esprits*. Pas un élément de culture hellénique n'avait pénétré dans ce premier cénacle; l'instruction juive y était aussi fort incomplète; mais le cœur et la bonne volonté y débordaient. Le beau climat de la Galilée faisait de l'existence de ces honnêtes pêcheurs un perpétuel enchantement. Ils préludaient vraiment au royaume de Dieu, simples, bons, heureux, bercés doucement sur leur délicieuse petite mer, ou dormaat le soir sur ses bords. On ne se figure pas

1 . Matth., XIV, 26 ; Marc, vi, 49 ; Luc, xxiv, 39 ; Jean, vi, 1 9.

m ORIGINES DO CHRISTIANISME.

l'enivrement d une vie qui s'écoule ainsi à la face du ciel, la flamme douce et forte que donne ce perpétuel contact avec la nature, les songes de ces nuits passées à la clarté des étoiles, sous un dôme d'azur d'une profondeur sans fin. Ce fut durant une telle nuit que Jacob, la tête appuyée sur une pierre, vit dans les astres la promesse d'une postérité innombrable, et l'échelle mystérieuse par laquelle les Elohim allaient et venaient du ciel h la terre. A l'époque de Jésus , le ciel n'était pas fermé, ni la terre refroidie. La nue s'ouvrait encore sur le fils de l'homme ; les anges montaient et descendaient sur sa tête * ; les visions du royaume de Dieu étaient par- ■> tout ; car l'homme les portait en son cœur. L'œil clair et doux de ces âmes simples contemplait l'univers en sa source idéale; le monde dévoilait peutêtre son secret à la conscience divinement lucide de ces enfants heureux, à qui la pureté de leur cœur mérita un jour d'être admis devant la face de Dieu. Jésus vivait avec ses disciples presque toujours en plein air. Tantôt, il montait dans une barque, et enseignait ses auditeurs pressés sur le rivage*. Tantôt, • il s'asseyait sur les montagnes qui bordent le lac, où

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