Je^n
î. Matth., xiii, 1-2; Marc, m, 9; iv» 1 ; Luc, v, a.
VIE DE JESUS
Fair est sî pur et l'horizon si lumineux. La troupe fidèle allait ainsi, gaie et vagabonde, recueillant les inspirations du maître dans leur première fleur. Un doute naïf s'élevait parfois, une question doucement sceptique : Jésus, d'un sourire ou d'un regard, faisait taire l'objection. A chaque pas, dans le nuage qui passait, le grain qui germait, l'épi qui jaunissait, on voyait le signe du royaume près de venir; on se croyait à la veille de voir Dieu, d'être les maîtres du monde; les pleurs se tournaient en joie; c'était l'avènement sur terre de l'universelle consolation, • « Heureux, disait le maître, les pauvres en esprit; car c'est h. eux qu'appartient le royaume
des cieux!
(c Heureux ceux qui pleurent; car ils seront con-
soles !
« Heureux les débonnaires ; car ils posséderont
la terre !
« Heureux ceux qui ont faim et soif de justice;
car ils seront rassasiés !
« Heureux les miséricordieux; car ils obtiendront
miséricorde !
a Heureux ceux cpii ont le cœur pur; car ils verront Dieu !
« Heureux les pacifiques ; car ils seront appelés
enfants de Dieu!
VIE DE JÉSUS
* u Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice ; car le royaume des deux est à eux S »
Sa prédication était suave et douce, toute pleine de la nature et du parfum des champs. Il aimait les fleurs et en prenait ses leçons les plus charmantes. Les oiseaux du ciel, la mer, les montagnes, les jeux des enfants , passaient tour h, tour dans ses enseignements. Son style n'avait rien de la période grecque, mais se rapprochait beaucoup plus du tour des parabolistes hébreux , et surtout des sentences des docteurs juifs, ses contemporains, telles que nous les lisons dans les Pirké Abolh. Ses développements' avaient peu d'étendue, et formaient des espèces de surates h la façon du Coran, lesquelles cousues ensemble ont composé plus tard ces longs discours qui furent écrits par Matthieu*. Nulle transition ne liait ces pièces diverses ; d'ordinaire cependant, une même inspiration les pénétrait et en faisait l'unité.
' C'est surtout dans la parabole que le maître excellait.
. Uien dans le judaïsme ne lui avait donné le modèle de ce genre délicieux'. C'est lui qui l'a créé. Il est