Hénoch, xcix
% Epist. Jac, II, 5 et suiv.
3. Jules Africain, dans Eusèbe, H, E., I, 7; Eus., De situ et nom. loc. hebr., au motXo»got; Orig., Contre Celse, II, i ; V, 61, Épiph., Adv. /iœr..xxix, 7, 9; xxx, 2, 18.
4. Voir surtout Origène, Contre Celse, II, 1 ; De principiis, IV, 22. Comparez Épiph., Adv. hœr., xxx, 17. Irénée, Origène, Eusèbe, les Constitutions apostoliques, ignorent Texistence d'un tel personnage. L'auteur des Philosophumena semble nésiter (VU, 34 et 35; X, 22 et 23). C'est par Tertullien et surtout par Êpiphane qu'a été répandue la hUe d'un Ébion. Du reste, tous les Pères sont d'accord sui- l'étymologie '£€i<Av=i:Tû>xo;.
de ces éléments d'utopie comme il s'en mêle toujours aux grandes fondations, et dont le temps fait justice. Transporté dans le large milieu de la société humaine, le christianisme devait un jour très-facilemeût consentir à posséder des riches dans son sein, de même que le bouddhisme, exclusivement monacal îi son origine, en vint, aussitôt que les conversions se multiplièrent, à compter des laïques. Mais on garde toujours la marque de ses origines. Bien que vite dépassé Gt oublié , Yéhionisme laissa dans toute l'histoire des institutions chrétiennes un levain qui ne se perdit pas. La collection des Logia ou discours de Jésus se forma ou du moins se compléta dans les Églises ébionites de la Batanée'. La «pauvreté» resta un idéal dont la vraie lignée de Jésus ne se détacha plus. Ne rien posséder fut le véritable état évangélique; la mendicité devint une vertu, un état saint. Le grand mouvement ombrien du xin" siècle, qui est, entre tous les essais de fondation religieuse, celui qui ressemble le plus au mouvement galiléen, se fit tout entier au nom de la pauvreté. François - d'Assise, l'homme du monde qui, par son exquise bonté, sa communion délicate, fine et tendra avec Ja vie universelle, a le plus ressemblé à Jésus, fut
\. ÉpipU., Adv. hwr., xu, sxix et xxx, surtout xwx, a.
VIE DE JESPS.
un pauvre. Les ordres mendiants, les innombrables sectes communistes du moyen âge (pauvres de Lyoa, bégards, bons-hommes, fratricelles , humiliés, pauvres cvangéliques , sectateurs de « l'Evangile éternel » ) prétendirent être et furent en effet les vrais disciples de Jésus. Mais , cette fois encore , les plus impossibles rêves de la religion nouvelle furent féconds. La mendicité pieuse, qui cause à nos sociétés industrielles et administrai^ives de si fortes impatiences , fut , à son jour et sous ie ciel qui lui convenait, pleine de charme. Elle offrit à une foule d'âmes contemplatives et douces le seul état qui leur plaise. Avoir fait de la pauvreté un objet d'amour et de désir, avoir élevé le mendiant sur l'autel et sanctifié l'habit du pauvre homme , est un coup de maître dont l'économie politique peut n'être pas fort touchée, mais devant lequel le vrai moraliste ne peut rester indifférent. L'humanité , pour porter son fardeau, a besoin de croire qu'elle n'est pas complètement payée par son salaire. Le plus grand service qu'on puisse lui rendre est de lui répéter souvent qu'elle ne vit pas seulement de pain.
Comme tous les grands hommes, Jésus avait du goût pour le peuple et se sentait à l'aise avec lui. L'Évangile dans sa pensée est fait pour ies pauvres; c'est à eux qu'il apporte la boane nouvelle du sa-
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lut'. Tous les dédaignés du judaïsme orthodoxe étaient ses préférés. L'amour /]u peuple, la ;>itié pour son impuissance, le sentiment du chef démocratique, qui sent vivre en lui l'esprit de la foule et se reconnaît . pour son interprète naturel, éclatent à chaque instant dans ses actes et ses discours*.
La troupe élue présentait, en effet, un caractère fort mêlé et dont les rigoristes devaient être très-surpris. Elle comptait dans son sein des gens qu'un juif qui se respectait n'eût pas fréquentés». Peut-être Jésus trouvait -il dans cette société en dehors des règles communes plus de distinction et de cœur que dans : une bourgeoisie pédante, formaliste, orgueilleuse de son apparente moralité. Les pharisiens , exagérant les prescriptions mosaïques, en étaient venus à se croire souillés par le contact. des gens moins sévères qu'eux; on touchait presque pour les repas aux puériles distinctions des castes de l'Inde. Méprisant ces misérables aberrations du sentiment religieux, Jésus aimait èi dîner chez ceux qui en étaient les victimes» ; on voyait à côté de lui des personnes que l'on disait de mauvaise vie, peut-être pour cela seul