Matth., IX
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bien que la femme qui le touche est une pécheresse. » Jésus répondait par la parabole d'un créancier qui remit à ses débiteurs des dettes inégales, et il ne craignait pas de préférer le sort de celui à qui fut remise la dette la plus forte*. Il n'appréciait les états de l'âme qu'en proportion de l'amour qui s'y mêle. Des femmes , le cœur plein de larmes et disposées par leurs fautes aux sentiments d'humilité , étaient plus près de son royaume que les natures médiocres, ' lesquelles ont souvent peu de mérite à n'avoir point failli. On conçoit, d'un autre côté, que ces âmes tendres, trouvant dans leur conversion à la secte un moyen de réhabilitation facile, s'attachaient à lui
avec passion.
Loin qu'il cherchât h adoucir les murmures que soulevait son dédain pour les susceptibilités sociales du temps, il semblait prendre plaisir à les exciter. Jamais on n'avoua plus hautement ce mépris du
« Luc, vil, 36 et suiv. Luc, qui aime à relever tout ce qui se rapporte au pardon des pécheurs (comp. x, 30 et suiv.; xv entier; XVII, 16 et suiv.; xviii, iO et suiv.; xix, 2 et smv.; xxu., 39-43 ), a composé ce récit avec les traiu d'une autre histoire , celle de l'onction des pieds, qui eut lieu à Bélhanie quelques jours avant la mort de Jésus. Mais le pardon de la pécheresse était, sans contredit, un des traits essentiels de la vie aneedotique de Jésus, et. Jean, vui, 3 et suiv.; Papias, dans Eusèbe, m,t. eccl.. m, 39.
VIE DE JÉSOS.
« monde » , qui est la condition des grandes choses et de la grande originalité. Il ne pardonnait au riche que quand le riche , par suite de quelque préjugé, était mal vu de la société'. Il préférait hautement ' les gens de vie équivoque et de peu de considération aux notables orthodoxes. « Des publicains et des courtisanes, leur disait-il , vous précéderont dans le royaume de Dieu. Jean est venu; des publicains et des courtisanes ont cru en lui , et malgré cela vous ne vous êtes pas convertis ^ » On comprend combien le reproche de n'avoir pas suivi le bon exemple que leur donnaient des filles de joie devait être sanglant pour des gens faisant profession de gravité et
d'une morale rigide.
Il n'avait aucune affectation extérieure, ni montre d'austérite. Il ne fuyait pas la joie, il allait volontiers aux divertissements des mariages. Un do ses miracles fut fait, dit-on, pour égayer une noce de petite ville. Les noces en Orient ont lieu le soir. Chacun porte une lampe ; les lumières qui vont et viennent font un effet très-agréable. Jésus aimait cet aspect gai et animé, et tirait de là des paraboles». Quand on comparait une telle conduite à celle de