‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 171 sur 1128 · Voir ci-dessus, p. 467, note · texte numérisé non relu

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VU une grande lumière ; le soldl s'est levé pour ceux qui étaient assis dans les ténèbres. » La renommée de la vilfe natale de Jésus paraît avoir été particulièrement mauvaise. C'était, dit-on, un proverbe populaire : « Peut-il venir quelque chose de bon de

Nazareth * ? »

La profonde sécheresse de la nature aux environs de Jérusalem devait ajouter au déplaisir de Jésus. Les vallées y sont sans eau ; le sol est aride et pierreux. Quand l'œil plonge dans la dépression de la mer Morte , la vue a quelque chose de saisissant : ailleurs, elle est monotone. Seule, la colline de Mizpa, avec ses souvenirs de la plus vieille histoire dUsraël, soutient le regard. La ville présentait, du temps de Jésus, à peu près la même assise qu'aujourd'hui. Elle n'avait guère de monuments anciens, car, jusqu'aux Asmonéens, les Juifs étaient restés presque étrangers à tous les arts ; Jean Hyrcan avait commencé à l'embellir, et Hérode le Grand en avait fait une ville magnifique, Les constructions hérodiennes le disputent aux plus achevées de l'antiquité par leur caractère grandiose, par la perfection de l'exécutio et la beauté des matériaux*. Une foule de tombeaux

I, Jean, i, 46 (faible autorité).

S. Jo6., Ant.. XV, viii-xi; D. /.. V, v, 6; Marc, xui, 4-2.

VIE DE JESUS

d'un goût original, s'élevaient vers le même temps aux environs de Jérusalem \ Le style de ces monuments était le style grec, approprié aux usages des Juifs, et considérablement modifié selon leurs principes. Les ornements de sculpture vivante, que les Hérodes se permettaient , au grand mécontentement des rigoristes , en étaient bannis ; on les remplaçait par une décoration végétale. Le goût des anciens habitants de la Phénicie et de la Palestine pour les constructions monolithes taillées sur la roche vive semblait revivre en ces singuliers tombeaux découpés dans le rocher, et où les ordres grecs sont si bizarrement appliqués à une architecture de troglodytes. Jésus, qui envisageait les ouvrages d'art comme un pompeux étalage de vanité , voyait tous ces monuments de mauvais œil ^ Son spiritualisme absolu et son opinion arrêtée que la figure du vieux monde allait passer ne lui laissaient de goût one pour les choses du cœur.

Le temple, à l'époque de Jésus, était tout neuf, et

4. Tombeaux dits des Juges, d'Absalom, de Zacharie, de Josaphat, de saint Jacques. Comparez la description du tombeau des Macchabées à Modin (I Macch., xiu, 27 et suiv.).

«. Matth., xxiii, 29; xxiv, 1 et suiv.; Marc, xin , 1 et suiv.; Luc, XXI, 5 et suiv. Comparez Livre d'JIénoch, xcvii , 13-14; Talmud de Babylone, Sc.habbalh, 33 6.

les ouvrages extérieurs n'en étaient pas complètement terminés. Hérode en avait fait commencer la reconstruction l'an 20 ou 21 avant l'ère chrétienne, pour le mettre à l'unisson de ses autres édifices. Le vaisseau du temple fut achevé en dix-huit mois, les portiques en huit ans»; mais les parties accessoires se continuèrent lentement et ne furent terminées que peu de temps avant la prise de Jérusalem». Jésus y vit probablement travailler, non sans quelque humeur secrète. Ces espérances d'un long avenir étaient comme une insulte à son prochain avènement. Plus clairvoyant que les incrédules et les fanatiques, il devinait que ces superbes constructions étaient appelées à une courte durée'.

Le temple, du reste, formait un ensemble merveilleusement imposant, dont le haram actuel', malgré sa beauté, peut à peine donner une idée. Les cours

«. Jos., Ant.,'S.V, XI, 5, 6.

i. Ibid., XX, IX, 7; Jean, n, 20.

3. MaUh., XXIV, 2; xxvi, 61; xxvii, 40, Marc. xi«, 2; xiv, 58;

XV, 29 ; Luc, xxi, 6 ; Jean, ii, 19-20.

4 M de VogUé, le Temple de Jérusalem (Paris, 1864). isui doute que le temple et son enceinte n'occupassent l'emplacement de la mosquée d'Omar et du haram ou cour sacrée qui environne la mosquée. Le terre-plein du haram est, dans quelque, parties, notamment à l'endroit où les juifs vont pleurer, le soubassement même du temple d'Hérode.

VIE DE JÉSUS

et les portiques environnants servaient journellement de rendez-vous à une foule considérable, si bien que ce grand espace était à la fois le temple, le forum, le tribunal, l'université. Toutes les discussions religieuses des écoles juives, tout l'enseignement canonique, les procès môme et les causes civiles, toute l'activité de la nation, en un mot, était concentrée là*. C'était un perpétuel cliquetis d'arguments, un champ clos de disputes, retentissant de sophismes et de questions subtiles. Le temple avait ainsi beaucoup d'analogie avec une mosquée musulmane. Pleins d'égards à cette époque pour les religions étrangères, quand elles restaient sur leur propre territoire *, les Romains s'interdirent l'entrée du sanctuaire ; des inscriptions grecques et latines marquaient le point jusqu'où il était permis aux non-juifs de s'avancer ^ Mais la tour Antonia, quartier général de la force romaine, dominait toute l'enceinte et permettait de voir ce qui s'y passait*. La police du temple appartenait aux Juifs; un capitaine du temple

\. Luc, II, 46 et suiv.; Mischna, Sanhédrin, x, 2; Talm. deBab., Sanhédrin, 41 a; Rosch hasschana, 31 a,

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