‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 173 sur 1128 · Mischna, Berakoth, ix, 5; Talm. de hâhyl, Jebamoth, 6 b · texte numérisé non relu

Mischna, Berakoth, ix, 5; Talm. de hâhyl, Jebamoth, 6 b

Marc, XI, 16.

î. Jos., B. J., II, XIV, 3; VI, IX, 3. Comp. Ps. cxxxiii ( Vulg.

cxxxu).

VIE DE JÉSUS

de détails assez repoussants, surtout des opérations mercantiles, par suite desquelles de vraies bouticp^es s'étaient établies dans l'enceinte sacrée. On y vendait des bêtes pour les sacrifices; il s'y trouvait des tables pour l'échange de la monnaie; par moments, on se serait cru dans un marché ^ Les bas officiers du temple remplissaient sans doute leurs fonctions avec la vulgarité irréligieuse des sacristains de tous les temps. Cet air profane et distrait dans le maniement des choses saintes blessait le sentiment religieux de Jésus, parfois porté jusqu'au scrupule*. Il disait qu'on avait fait de la maison de prière une caverne de voleurs. Un jour même, dit-on, la colère l'emporta; il frappa à coups de fouet ces ignobles vendeurs et renversa leurs tables \ En général, il aimait peu le temple. Le culte qu'il avait conçu pour son Père n'avait rien à faire avec des scènes de boucherie. Toutes ces vieilles institutions juives lui déplaisaient, et il souffrait d'être obligé de s'y conformer. Aussi le temple ou son emplacement n'inspirèrent-ils de sentiments pieux , dans le sein du christianisme ,

4. Talm. de Bab., Rosch hasschana, 31 a; Sanhédrin, 44 a Schabbath, 15 a.

t. Marc. XI, 1 6.

3. Matth., XXI, 12 et suiv.; Marc, xi, 15 et suiv.; Luc, xix, 45 •t suiv.; Jean, ii, 14 et suiv.

Il i:

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qu'aux chrétiens judaïsants. Les vrais hommes nouveaux eurent en aversion cet antique lieu sacré. Constantin et les premiers empereurs chrétiens y laissèrent subsister les constructions païennes d'Adrien \ Ce furent les ennemis du christianisme, comme Julien, qui pensèrent à cet endroit \ Quand Omar entra dans Jérusalem, l'emplacement du temple était à dessein pollué en haine des juifs ^ Ce fut l'islam, c'est-à-dire une sorte de résurrection du judaïsme en ce que le judaïsme avait de plus sémitique, qui lui rendit ses honneurs. Ce lieu a toujours été antichrétien.

L'orgueil des Juifs achevait de mécontenter Jésus, et de lui rendre le séjour de Jérusalem pénible. A mesure que les grandes idées d'Israël mûrissaient, le sacerdoce s'abaissait. L'institution des synagogues avait donné à l'interprète de la Loi, au docteur, une grande supériorité sur le prêtre. Il n'y avait de prêtres qu'à Jérusalem, et là même, réduits à des fonctions toutes rituelles, à peu près comme nos prêtres de paroisse exclus de la prédication, ils étaient primés par l'orateur de la synagogue, le ca-

4. Itin.aBurdig. Ilierus.. p. 152 (édit. Schott); S. Jérôme, Cn Is., II, 8, et in Matth., xxiv, 45. î. Ammien Marcellin, XXIII, 4 3. Eutychius, Ann., II, 286 et suiv. (Oxford, 1659).

VIE DR JÉSUS

suîste, le sofer ou scribe, tout laïque qu'était ce dernier. Les hommes célèbres du Talmud ne sont pas des prêtres; ce sont des savants selon les idées du temps. Le haut sacerdoce de Jérusalem tenait, il est vrai, un rang fort élevé dans la nation; mais il n'était nullement à la tête du mouvement religieux. Le souverain pontife, dont la dignité avait déjà été avilie par HérodeS devenait de plus en plus un fonctionnaire romain % qu'on révoquait fréquemment pour rendre la charge profitable à plusieurs. Opposés aux pharisiens, zélateurs laïques très-exaltés, les prêtres étaient presque tous des sadducéens, c'està-dire des membres de cette aristocratie incrédule qui s'était formée autour du temple, vivait de l'autel, mais en voyait la vanité'. La caste sacerdotale s'était séparée à tel point du sentiment national et de la grande direction religieuse qui entraînait le peuple, que le nom de « sadducéen » (sadoki) , qui désigna d'abord simplement un membre de la famille sacerdotale de Sadok, était devenu synonyme de « matérialiste » et d' « épicurien ».

Un élément plus mauvais encore était venu, de-

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