‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 174 sur 1128 · Ibid,, XVIII, II · texte numérisé non relu

Ibid,, XVIII, II

3. Act.^ IV, 1 et suiv.; v, 47; xix, 44; Jos., Ant.j XX, ix , 4; Pirké Aboth, 4, 40. Comp. Tosiphta Menachoth, ii.

^ili

iS

226 OrJGINES DU CHRISTIANISME.

puis le règne d'Hérode le Grand, corrompre le haut sacerdoce. Hérode s'étant pris d'amour pour Mariamne, fille d'un certain Simon, fils lui-même de Boëthus d'Alexandrie, et ayant voulu l'épouser (vers l'an 28 avant J.-C), ne vit d'autre moyen, pour anoblir son beau-père et l'élever jusqu'à lui, que de le faire grand prêtre. Cette famille intrigante resta maîtresse, presque sans interruption, du souverain pontificat pendant trente-cinq ans*. Étroitement alliée à la famille régnante, elle ne le perdit qu'après la déposition d'Archélaiis, et elle le recouvra (l'an 42 de notre ère) après qu' Hérode Agrippa eut refait pour quelque temps l'œuvre d'Hérode le Grand. Sous le nom de Boèthusim^ , se forma ainsi une nouvelle noblesse sacerdotale, très-mondaine, très-peu dévote , qui se fondit h peu près avec les sadokitcs. Les Boëthusim, dans le Talmud et les écrits rabbiniques, sont présentés comme des espèces de mécréants et toujours rapprochés des sadducéens*. De

4. Jos., Ant„ XV, IX, 3; XVII, vi, 4; xiii, \ ; XVIII, i, 4 ; ii, 4 ;

XIX, VI, 2; viii, I.

2. Ce nom ne se trouve que dans les documents juifs. Je pense que les « hérodiens » de TÉvangile sont les Boëthusim. L'article d'Épiphane [hœr. xx) sur les hérodiens a peu de poids.

3. Traité Aboth Nathan, 5; Soferim, m, hal. 5; Misohna, Mfenachoth, x, 3; Talmud de Babylone, Schabbath, 418 a. Le nom des Boëthusim s'échange souvent dans les livres talmudiques

VIE DE JÉSUS

tout cela résulta autour du temple une sorte de cour de Rome, vivant de politique, peu portée aux excès de zèle, les redoutant même, ne voulant pas entendre parler de saints personnages ni de novateurs, car elle profitait de la routine établie. Ces prêtres épicuriens n'avaient pas la violence des pharisiens ; ils ne voulaient que le repos; c'était leur insouciance morale, leur froide irréligion qui révoltaient Jésus. Bien que très-différents, les prêtres et les pharisiens se confondirent ainsi dans ses antipathies. Mais, étranger et sans crédit, il dut longtemps renfermer son mécontentement en lui-même et ne communiquer ses sentiments qu'à la société intime qui 1 accompagnait.

Avant le dernier séjour, de beaucoup le plus long, qu'il fit à Jérusalem, et qui se termina par sa mort, Jésus essaya cependant de se faire écouter. Il

avec celui des sadducéens ou avec le mot minim (hérétiques). Comparez Tosiphta Joma, i,àTaIm. de Jérus., mf'me traité, i, 5, et Talm. de Bab., même traité, 49 6/ Tes. Sukka, m, à Talm. de Bab., même traité, 43 6; Tos. ibid,, plus loin, à Talm. de Bab., même traité, 48 b; Tos. Rosch hasschana, i, à Mischna, même traité, u, 4, Talm. de Jéfus., même traité, ii, 4, et Talm. de Bab., même traité, 22 b; Tos. Menachoth, x, à Mischna, même traité, X, 3, Talm. de Bab., même traité, 65 a, Mischna, Chagiga, ii, 4,et Megillath Taanith, i; Tos. ladaïm, ii, à Talm. de Jérus.. Baba bathra, viii, i, Talm. de Bab., même traité, 445 6, et Megillath Taanith, v. Comparez de même Marc, vin, 45, à Matth., xvi, 6.

SX

prêcha; on parla de lui; on s'entretint de certains actes que Ton considérait comme miraculeux. Mais de tout cela ne résulta ni une Église établie à Jérusalem, ni un groupe de disciples hiérosolymites. Le charmant docteur, qui pardonnait h tous pourvu qu'on l'aimât, ne pouvait trouver beaucoup d'écho dans ce sanctuaire des vaines disputes et des sacrifices vieillis. Il en résulta seulement pour lui quelques bonnes relations, dont plus tard il recueillit les fruits. Il ne semble pas que dès lors il ait fait la connaissance de la famille de Béthanie qui lui apporta, au milieu des épreuves de ses derniers mois, tant de consolations. Mais peut-être eut-il des rap^ ports avec cette Marie, mère de Marc, dont la maison fut, quelques années plus tard, le rendez -vous des apôtres, et avec Marc lui-même^ De bonne heure aussi , il attira l'attention d'un certain Nicodème , riche pharisien, membre du sanhédrin et fort consi- 1 déré à. Jérusalem*. Cet homme, qui paraît avoir été

Page 1