SIS
ORIGINES DU CUUISTIANISME.
conséquence immédiate de cette proposition: «Jésus t est le Messie », était cette autre proposition: « Jésus est fils de David » . Il se laissa donner un titre sans lequel il ne pouvait espérer aucun succès. Il finit, ce semble, par y prendre plaisir, car il faisait de la meilleure grâce les miracles qu'on lui demandait en l'interpellant de la sorte ^ En ceci, comme dans plusieurs autres circonstances de sa vie, Jésus se plia aux idées qui avaient cours de son temps , bien qu'elles ne fussent pas précisément les siennes. Il associait à son dogme du « royaume de Dieu » , tout ce qui échauffait les cœurs et les imaginations. C'est ainsi que nous l'avons vu adopter le baptême d-, Jean , qui pourtant ne devait pas lui importer beaucoup.
Une grave difficulté se présentait : c'était sa naissance h Nazareth , qui était de notoriété publique. On ne sait si Jésus lutta contre cette objection. Peutêtre ne se présenta-t-elle pas en Galilée , où l'idée que le fils de David devait être un Bethléhémite était moins répandue. Pour le Galiléen idéaliste, d'ailleurs, le titre de « fils de David » était suffisamment justifié , si celui à qui on le décernait relevait la gloire ide sa race et ramenait les beaux jours d'Israël. Autorisa-t-il par son silence les généalogies fictives
1. Malth., IX, 27; xii, 23; xv, 22; xx, 30-34; Marc., x, 47, 52; Luc, xviu, 38.
VIE DE JESUS
que ses partisans imaginèrent pour prouver sa descendance royale*? Sut-il quelque chose des légendes inventées pour le faire naître à, Bethléhem % et en particulier du tour par lequel on rattacha son origine bethléhémite au recensement qui eut lieu par l'ordre du légat impérial Quirinius ' ? On l'ignore. L'inexactitude et les contradictions des généalogies * portent à croire qu'elles furent le résultat d'un travail populaire s'opérant sur divers points, et qu'aucune d'elles ne fut sanctionnée par Jésus \ Jamais il ne se désigne de sa propre bouche comme fils de David. Ses disciples, bien moins éclairés que lui, enchérissaient parfois sur ce qu'il disait de lui-même; le