Matth., II, \ et suiv.; Luc, ii, K et suiv
4. Les deux généalogies sont tout à fait discordantes entre elles et peu conformes aux listes de l'Ancien Testament. Le récit de Luc sur le recensement de Quirinius implique un anachronisme. Voir ci-dessus, p. 20, 21, note. 11 est naturel, du reste, que la légende se soit emparée de cette circonstance. Les recensements frappaient beaucoup les Juifs, bouleversaient leurs idées étroites, et l'on s'en souvenait longtemps. Cf. Act., v, 37.
5. Jules Africain (dans Kusèbe, H. E., I, 7) suppose que co furent les pcrents de Jésus qui, réfugiés en Batanéc, essayèrent de recomposer les généalogies.
VIE DE JÉSUS
plus souvent il n'avait pas connaissance de ces exagérations. Ajoutons que, durant les trois premiers siècles, des fractions considérables du christianisme* nièrent obstinément la descendance royale de Jésus et Tauthenticité des généalogies.
Sa légende était ainsi le fruit d'une grande conspiration toute spontanée, et s'élaborait autour de lui de son vivant. Aucun grand événement de l'histoire ne s'est passé sans donner lieu à un cycle de fables, et Jésus n'eût pu , quand il l'eût voulu , arrêter ces créations populaires. Peut-être un œil sagace eût-il su reconnaître dès lors le germe des récits qui devaient lui attribuer une naissance surnaturelle *, soit en vertu de cette idée, fort répandue dans l'antiquité, que l'homme hors ligne ne peut être né des relations ordinaires des deux sexes ; soit pour répondre à un chapitre mal entendu d'Isaïe % où l'on croyait lire
4. Les ébionim, les « hébreux», les « nazaréens», Tatien, Marcion. Cf. Épiph., Adv. hœr., xxix, 9 ; xxx, 3, 44; xlvi, 4 ; Thcodoret, Hœret. fab., 1 , 20; Isidore de Péluse, Epist., I, 374, ad
Pansophium.
2. Matth., I, 48 et suiv.; Luc, i, 26 et suiv. Ce ne fut certainement pas là au 4" siècle un dogme universel, puisque Jésus est appelé sans réserve « fils de Joseph », et que les deux généalogies destinées à le rattacher à la lignée de David sont des généalogies de Joseph. Comp. Gai., iv, 4; Rom., i, 3.