Act., viu
VIE DE JÉSUS
les hypostases chrétiennes, toute cette mythologie sèche, consistant en abstractions personnifiées, à laquelle le monothéisme est obligé de recourir, quand il veut introduire en Dieu la multiplicité. ^\
Jésus paraît être resté étranger à ces raffinements de théologie, qui devaient bientôt remplir le monde de disputes stériles. La théorie métaphysique du Verbe, telle qu'on la trouve dans les écrits de son contemporain Philon, dans les Targums chaldéens, et déjà dans le livre de la « Sagesse » % ne se laisse entrevoir ni dans les Logia de Matthieu, ni en général dans les synoptiques, interprètes si authentiques des paroles de Jésus. La doctrine du Verbe, en effet, n'avait rien de commun avec le messianisme. Le Verbe de Philon et des Targums n'est nullement le Messie. C'est plus tard que l'on identifia Jésus avec le Verbe, et que l'on créa, en partant de ce principe, toute une nouvelle théologie, fort différente de celle du royaume de Dieu*. Le rôle
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4. Sap., IX, 1-2; xvi, 42. Comp. vu, 42; viii, 5 et suiv.; ix, et en général ix-xi. Ces prosopopées de la Sagesse personnifiée se trouvent même dans des livres plus anciens. Prov,, viii, ix ; Job,
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2. Apoc.j XIX, 43; Jean, i, 4-14. On remarquera, du reste, que, même dans le quatrième Évangile, Texpi-cssion de « Verije » ne revient pas hors du prologue, et que jamais le narrateur no 1^ place dans la bouche de Jésus.
«SO ORIGINES DO CHRISTIANISMl!.
essentiel du Verbe est celui de créateur et de providence; or, Jésus ne prétendit jamais avoir créé le monde ni le gouverner. Son rôle sera de le juger, de le renouveler. La qualité de président des assises finales de l'humanité, tel est le ministère que Jésus s'attribue , l'office que tous les premiers chrétiens lui prêtèrent ». Jusqu'au grand jour, il siège à, la droite de Dieu comme son métatrône, son premier ministre et son futur vengeur'. Le Christ surhumam des absides byzantines, assis en juge du monde, au milieu des apôtres, analogues à lui et supérieurs aux anges qui ne font qu'assister et servir, est la trteexacte représentation figurée de cette conception du „ Fils de l'homme », dont nous trouvons les premiers traits déjà si fortement indiqués dans le livre
de Daniel.
En tout cas, la rigueur d'une scolastique réfléchie
n'était nullement d'un tel monde. Tout l'ensemble d'idées que nous venons d'exposer formait dans 1 esprit des disciples un système théologique si peu arrêté, que le Fils de Dieu, cette espèce de dédoublement