Jean, vi, 32 et suiv
3. On trouve un tour analogue, provoquant un malentendu semblable, dans Jean, iv, 4 0 et suiv.
mots : « le suis le pain de vie ? » N'est-ce pas là Jésus , le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment peut-il dire qu'il est descendu du ciel ? » Et Jésus , insistant avec plus de force : « Je suis le pain de vie; vos pères ont mangé la manne dans le désert et sont morts. C'est ici le pain qui est descendu du ciel , afin que celui qui en mange ne meure point. Je suis le pain vivant ; si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c'est ma chair, pour la vie du monde*. » Le scandale fut au comble: « Comment peut-il donner sa chair à manger? » Jésus, renchérissant encore : « Oui, oui, dit -il, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez point la vie en vous. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang est en possession de la vie éternelle. Car ma chair est véritablement une nourriture, et mon sang est véritablement un breuvage. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et moi en lui. Comme je vis par le Père qui m'a envoyé, ainsi celui qui me mange vit par moi. » Une telle
4 . Tous ces discours portent trop fortement Tempreinte du style propre au quatrième Évangile pour qu'il soit permis de les croire e.wcts. L'anecdote rapportée au chapitre vi de cet Évangile nn saurait cependant être dénuée de réalité historique.
ORIGINES DU GHRISTIANISMb.
VIE bE JESUS.
obstination dans le paradoxe révolta plusieurs disciples, qui cessèrent de le fréquenter. Jésus ne se .rétracta pas; il ajouta seulement : « C'est Tesprit J^ qui vivifie. La chair ne sert de rien. Les paroles que ^ \J^ jB , je vous dis sont esprit et vie. » Les Douze restèrent
fidèles, malgré cette prédication bizarre. Ce fut pour Céphas en particulier Toccasion de montrer un absolu dévouement et de proclamer une fois de plus : « Tu es le Christ, fils de Dieu. »
Il est probable que dès lors, dans les repas communs de la secte, s'était établi quelque usage auquel se rapportait le discours si mal accueilli par les gens de Capharnahum. Mais les traditions apostoliques à ce sujet sont fort divergentes et probablement incomplètes à dessein. Les Évangiles synoptiques , dont le récit est confirmé par saint Paul , supposent un acte sacramentel unique , ayant servi de base au rite mystérieux , et ils le placent à la dernière cène *. Le quatrième Évangile, qui justement nous a conservé l'incident de la synagogue de Capharnahun\ , ne parle pas d'un tel acte, quoiqu'il raconte la dernière cène fort au long. Ailleurs, nous voyons Jésus reconnu à la fraction du pain% comme
k. Matth., XXVI, 26 etsuiv.; Marc, xiv, 2t et suiv.; Luc, xsu M et suiv.; / Cor., ii, 83 et suiv.