‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 271 sur 1128 · Matth., XXII, 36 et suiv · texte numérisé non relu

Matth., XXII, 36 et suiv

ORIGINES DU CrtRISTIANISME.

Ses raisonnements, il est vrai, étaient souvent subtils (la simplicité d'esprit et la subtilité se touchent; quand le simple veut raisonner, il est toujours un peu sophiste); on peut trouver que quelquefois il recherche les malentendus et les prolonge h dessein*; son argumentation, jugée d'après les règles de la logique aristotélicienne, est très-faible. Mais, quand le charme sans pareil de son esprit trouvait à se montrer, c'étaient des triomphes. Un jour, on crut l'embarrasser en lui présentant une femme adultère et en lui demandant comment il fallait la traiter. On sait l'admirable réponse de Jésus*. La fine raillerie de l'homme du monde, tempérée par une bonté divine, ne pouvait s'exprimer en un trait plus exquis.

4 . Voir surtout les discussions rapportées par le quatrième Évangile, chapitre viii, par exemple. Hâtons-nous de dire que ces passages du quatrième Évangile n'ont que la valeur de fort anciennes conjectures sur la vie de Jésus.

î. Jean, viii, 3 et suiv. Ce passage ne faisait point d'abord partie du quatrième Évangile ; il manque dans les manuscrits les plus anciens, et le texte en est assez flottant. Néanmoins, il est de tradition évangélique primitive, comme le prouvent les particularités singulières des versets 6, 8, qui ne sont pas dans le goût de Luc et des compilateurs de seconde main, lesquels ne mettent rien qui ne s'explique de sof.-même. Il semble que cette histoire était connue de Papias, et se trouvait dans l'Évangile selon les hébreux ( Eusèbe, Hisl. eccl., III. 39; Appendice, ci-dessous, p. 504, note %).

VIE DE JESDS.

Mais l'esprit qui s'allie à la grandeur morale est celui que les sots pardonnent le moins. En prononçant ce mot d'un goût si juste et si pur : « Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette la première pierre! » Jésus perça au cœur l'hypocrisie, et du même coup signa son arrêt de mort.

Il est probable, en effet, que sans l'exaspération causée par tant de traits amers, Jésus aurait pu longtemps rester inaperçu et se perdre dans l'épouvantable orage qui allait bientôt emporter la nation juive tout entière. Le haut sacerdoce et les sadducéens avaient pour lui plutôt du dédain que de la haine. Les grandes familles sacerdotales, les Boëlhusim, la famille de Hanan , ne se montraient guère fanatiques que quand il s'agissait de leur repos. Les sadducéens repoussaient comme Jésus les « traditions » des pharisiens '. Par une singularité fort étrange, c'étaient ces incrédules, niant la résurrection la loi orale, l'existence des anges, qui étaient . les vrais juifs, ou, pour mieux dire, la vieille loi dans sa simplicité ne satisfaisant plus aux besoins relig:eux du temps, ceux qui s'y tenaient strictement et repoussaient les inventions modernes faisaient aux dévots l'effet d'impies , à peu près comme un pro-

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