‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 272 sur 1128 · Jos..iln<..Xm,x, 6;XVIII · texte numérisé non relu

Jos..iln<..Xm,x, 6;XVIII

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testant évangélique paraît aujourd'hui un mécréant dans les pays orthodoxes. En tout cas, ce n'était pas d'un tel parti que pouvait venir une réaction bien vive contre Jésus. Le sacerdoce officiel, les yeux tournés vers le pouvoir politique et intimement lié avec lui, ne comprenait rien à ces mouvements enthousiastes. C'était la bourgeoisie pharisienne, c'étaient les innombrables soferim ou scribes , vivant de la science des « traditions » , qui prenaient l'alarme et qui étaient en réalité menacés dans leurs préjugés ou leurs intérêts par la doctrine du maître nouveau.

Un des plus constants efforts des pharisiens était d'attirer Jésus sur le terrain des questions politiques et de le compromettre dans le parti de Juda le Gaulonite. La tactique était habile ; car il fallait la profonde ingénuité de Jésus pour ne s'être point encore brouillé avec l'autorité romaine , nonobstant sa proclamation du royaume de Dieu. On voulut déchirer cette équivoque et le forcer à s'expliquer. Un jour, un groupe de pharisiens et de ces politiques qu'on nommait « hérodiens » (probablement des Boëthusim), s'approcha de lui, et, sous apparence de zèle pieux : « Maître, lui dirent-ils, nous savons que tu es véridique et que tu enseignes la voie de Dieu sans égard pour qui que ce soit. Dis-nous donc ce que tu penses : Est-il permis de payer le tribut à César? »

VIE DE JÉSUS

Ils espéraient une réponse qui donnât un prétexte pour le livrer à Pilate. Celle de Jésus fut admirable. Il se fit montrer l'effigie de la monnaie : « Rendez, dit-il à César ce qui est à César, à Dieu ce qm est à Dieu *. .. Mot profond qui a décidé de l'avenir du christianisme 1 mot d'un spiritualisme accomph et d'une justesse merveilleuse, qui a fondé la séparation du spirituel et du temporel, et a posé la base • du vrai libérahsme et de la vraie civilisation !

<. Matth., «Il, 15 et suiv.; Marc, xii, 43 et suiv.; Luc, xx 20 etsuiv.Comp.Talm.deJérus.,Sa»Wrf«» u,3;Rom -n,6-r ^

Onpeut douter que cette anecdote soit vra.e à a lettre. ^ J" ^^^^ B^HérodeTcellesd'Archélaas, celles d'Ant,pas avant lavene--^ ^,

Zni de Calig^la , ne portent ni le nom ni la tête de l'empereur ^^^^ ^ TmonnaiesTrappées à Jérusalem sous les procurateurs P^^^^^^ ^^ ,e nom, mais non limage de l'empereur (Eckhel, Dolrin 497-498). Les monnaies de Philippe portent le nom e la ^te de l'empereur (Lévy, Gesch. der jMischen Mûnzen. p. 67 etsmv

monnaies , frappées à Panéas, sont toutes pa.enne ; d J eurs, e le^ «•étaient pas la monnaie propre de Jérusalem; fa.t ur de te es nièces, le raisonnement de Jésus eût manque de base. Supposer ;:tsus fit sa réponse sur des pièces à l'effigie de T.bere f.p- Jées hors de la Palestine [Revm numûmaMue. '^LL^^ ^*^'*^ est bien peu probable. Il semble donc que ce,bel aphorisme c>.^ ^ LTété'antidatel^L'idélTuëFeffigie-des monnaies est le s.gne de ^.^^^ b soil^erainetTse retrouve, du reste, dans le som <!««- -«^^^^ moins lors de la seconde révolte, de refrapper la «-onnaie romane rd-y meure des images juives (Lévy, p. m et su.v.; Madden. p. 476, 203 et suiv.).

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VIE DE JÉSUS

Son doux et pénétrant génie lui inspirait, quand il était seul avec ses disciples , des accents pleins de charme : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie Cot un voleur. Celui qui entre par la porte est le vrai berger. Les brebis entendent sa voix ; il les appelle par leur nom et les mène aux pâturages ; il marche devant elles, et les brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix. Le larron ne vient que pour dérober, pour tuer, pour détruire. Le mercenaire, à qui les brebis n'appartiennent pas, voit venir le loup, abandonne les brebis et s'enfuit. Mais moi, je suis le bon berger; je connais mes brebis; mes brebis me connaissent; et je donne ma vie pour elles*.» L'idée que la crise de l'humanité touchait à une prochaine solution reparaissait fréquemment dans ses discours : « Quand le figuier, disait- il, se couvre de jeunes pousses et de feuilles tendres , vous savez que l'été n'est pas loin. Levez les yeux, et voyez le monde ; il est blanc pour la moisson *. »

Sa forte éloquence se retrouvait toutes les fois qu'il s'agissait de combattre l'hypocrisie. « Sur la chaire de Moïse sont assis les scribes et les pharisiens. Faites

4. Jean, x, 4-16, passage appuyé par les Homélies pseudo-clémentines, m, 52.

2. Matth., XXIV, 32; Marc, xiii, 28; Luc, xxi, 30. Jean, iv, 33.

ce qu'ils vous disent; mais ne faites pas comme ils font; car ils disent et ne font pas. Ils composent des charges pesantes, impossibles à porter, et ils les mettent sur les épaules des autres; quant à eux, ils ne vou(kaient pas les remuer du bout du doigt.

(( Ils font toutes leurs actions pour être vus des hommes : ils se promènent en longues robes ; ils portent de larges phylactères * ; ils ont de grandes bordures à leurs habits*; ils veulent les premières places dans les festins et les premiers sièges dans les synagogues; ils aiment k être salués dans les rues et appelés « Maître ». Malheur à eux !...

u Malheur h vous, scribes et pharisiens hypocrites, qui avez pris la clef de la science et ne vous en servez que pour fermer aux hommes le royaume des cieuxM Vous n'y entrez pas, et vous empêchez les autres d'y entrer. Malheur à vous, qui engloutissez

4. Totafôth ou tefiUin, lames de métal ou bandes de parchemin, contenant des passages de la Loi, que les juifs dévots portaient attachées au front et au bras gauche, en exécution littérale des passages Exode, xin, 9; Deutéronome, vi, 8; xi, 48.

2. Zizith, bordures ou franges rouges que les juifs portaient au coin de leur manteau pour se distinguer des païens {Nombres

XV, iJ8-39; Deulér., xxii, 42).

3. Les pharisiens excluent les hommes du royaume de Dieu par leur casuistique méticuleuse, qui rend l'entrée du ciel trop difficile et qui décourage les simples.

les maisons des veuves, en simulant de longues prières ! Votre jugement sera en proportion. Malheur à vous, qui parcourez les terres et les mers pour gagner un prosélyte, et qui ne savez en faire qu'un fils de la géhenne ! Malheur à vous , car vous êtes comme les tombeaux qui ne paraissent pas, et sur lesquels on marche sans le savoir* !

« Insensés et aveugles ! qui payez la dîme pour un brin de menthe, d'anet et de cumin , et qui négligez des commandements bien plus graves , la justice , la pitié, la bonne foi! Ces derniers préceptes, il fallait les observer ; les autres , il était bien de ne pas les négliger. Guides aveugles , qui filtrez votre vin pour ne pas avaler un insecte, et qui engloutissez un chameau, malheur à vous !

« Malheur à vous , scribes et pharisiens hypocrites ! Car vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat * ; mais le dedans , qui est plein de rapine et de cupidité, vous n'y prenez point garde. Pharisien

t. Le contact des tombeaux rendait impur. Aussi avait-on soin d'en marquer soigneusement la périphérie sur le sol. Talm. de Bab., Baba bathra, 58 a; Baba melsia, 45 b. Le reproche que Jésus adresse ici aux pharisiens est d'avoir inventé une foule de petits préceptes qu'on viole sans y penser, et qui ne servent qu'à multiplier les contraventions à la Loi.

J. La purification de la vaisselle était assujettie, chez les pbi"i- •ien», aux règles les plus compliquées (Marc, vu, 4).

VIE DE JÉSDS. *"*

aveugle', lave d'abord le dedans, puis tu songeras à

la propreté du dehors *.

« Malheur k vous, scribes et pharisiens hypocrites !

Car vous ressemblez k des sépulcres blanchis', qui

du dehors semblent beaux, mais qui au dedans sont

pleins d'os de morts et de toute sorte de pourriture.

En apparence, vous êtes justes; mais au fond vous

êtes remplis de feinte et de péché.

« Malheur à vous , scribes et pharisiens hypocrites, qui bâtissez les tombeaux des prophètes, et ornez 'les monuments des justes , et qui dites : « Si « nous eussions vécu du temps de nos pères, nous « n'eussions pas trempé avec eux dans le meurtre des «prophètes! » Ah! vous convenez donc que vous êtes les enfants de ceux qui ont tué les prophètes.

1 Cette épithète, souvent répétée (Matlh., xxi.i, <6, <7, «9, 84, Î6) renferme peuUtre une allusion à l'habitude qu'avaient cerl's pLisien^de marcher les yeux fermés par affectat.on de

sainteté. Voir ci-dessus, p. 341 .

2 Luc (XI, 37 et suiv.) suppose, non peut-être sans raison, que ce verset fut prononcé dans un repas, en réponse à de vain»

scrupules des pharisiens.

3 Les tombeaux étant impurs, on avait coutume de les blanchi; à la chaux, pour avertir de ne pas ^'- «PP-''-;.^;'^^ précédeale. note 4, et Mischna, Maasar scAe»., v, «, Talm de Ls., Schekalm. ., 4 ; Maasar scheni, v, 4 , Moed katon. ., *, Sota .X 4 ; Talm. de Bab., Moëd katan, 5 a. Peut-être y a-t-U Z'u c'om;>araison dont se sert Jésus une allusion aux . pharisiens teints ». (Voir ci-dessus, p. 344.)

ORIGINES DO CIIl;îSTIANISME.

VIE DE JÉSUS

Eh bien, achevez de combler la mesure de vos' pères.

La Sagessp de Dieu a eu bien raison de dire * t o Je

y^ « vous enverrai des prophètes , des sages , des sa-

\i?*\i» " vants; vous tuerez les uns, vous poursuivrez les

^/1j -a autres de ville en ville ; afin qu*un jour retombe

« sur vous tout le sang innocent qui a été répandu

« sur la terre, depuis le sang d'Abel le juste jusqu'au

« sang de Zacharie, fils de Barachie *, que vous avez

« tué entre le temple et Tautel. )» Je vous le dis,

c'est à la génération présente que tout ce sang sera

redemandé*.

4 . Cette^itation paraît empruntée à un livre d'Hénocb. Certaines parties des révélations censées faites à ce patriarche étaient mises dans la bouche de la Sagesse divine. Comp. Hénoch, xxxvii, 4-4; XLvni) 4,7; xux , 4, et le livre des Jubilés, c. 7, à Luc, xi, 49. Voir ci-dessus, Introd., p. xlii-xliii, note 4. Peut-être l'apocryphe cité était-il d'origine chrétienne. (Notez surtout le verset iMatth., xxiîi, 34, dont quelques traits sont sûrement postérieurs à la mort de Jésus.) En ce cas, la citation serait une addition relativement moderne ; elle manque dans Marc.

8. Il y a ici une confusion , qui se retrouve dans le targum dit de Jonathan [Lamentations, ii, 20), entre Zacharie, fils de Joïada, et Zacharie, fils de Barachie, le prophète. C'est du premier qu'il s'a'it (// Parai., xxiv, 24 ). Le livre des Parai ipomènes, où l'assassinat de Zacharie, fils de Joïada, est raconté, ferme le canon hébreu. Ce meurtre est le dernier dans la liste des meurtres d'hommes justes, dressée selon Tordre où ils se présentent dans la Bible. Celui d'Abel est, au contraire, le premier.

3. Matth., XXIII, 2-86; Marc^ Xii* 38-40; Luc» xi, 39-02; xx, 46-47.

Son dogme terrible de la substitution des gentils, cette idée que le royaume de Dieu allait être transféré à d'autres, cet^àjaulil éiait destiné^^^^ ayant pas voulu S revenait comme une menace sanglante~contre Taristocratie, et son titre de Fils de Dieu, qu'il avouait ouvertement dans de vives paraboles*, oU ses ennemis jouaient le rôle de meurtriers des envoyés célestes, était un défi au judaïsme légal, rappel hardi qu'il adressait aux humbles était plus séditieux encore. Il déclarait qu'il était venu éclairer les aveugles et aveugler ceux qui croient voir'. Un jour, sa mauvaise humeur contre le temple lui arracha un mot imprudent. « Ce temple bâti de main d'homme, dit-il, je pourrais, si je voulais, le détruire, et en trois jours j'en rebâtirais un autre non construit de main d'homme*. » On ne sait pas bien quel sens Jésus attachait à ce mot, où ses disciples cherchèrent des allégories forcées. Mais,

4. Matth., vm, 41-12; xx, 1 et suiv.; xxi, 28 et suiv., 33 et suiv., 43; xxii, \ et suiv.; Marc, xii, 1 et suiv.; Luc, xx, 9 et

suiv.

2. Matth., XXI, 37 et suiv.; Marc, xii, 6; Luc, xx, 9; Jean, x,

ào et suiv.

K Jean, ix, 39.

4 La forme la plus authentique de ce mot paraît être dans Marc, xivi 58; XV, 29. Cf. Jean, ii, 49; Matth., xxvi, 61 ; xxvii. 40; Act„ VI, 13-14.

comme on ne voulait qu'un prétexte, le mot fut vivement relevé. Il figurera dans les considérants de l'arrêt de mort de Jésus, et retentira à son oreille ^ parmi les angoisses dernières du Golgotha. Ces discussions irritantes finissaient toujours par des orages. Les pharisiens lui jetaient des pierres * ; en quoi ils ne faisaient qu'exécuter un article de la Loi, ordonnant de lapider sans l'entendre tout prophète, même thaumaturge, qui détournerait le peuple du vieux culte*. D'autres fois, ils l'appelaient fou, possédé, samaritain', ou cherchaient même à le tuer*. On prenait note de ses paroles pour invoquer contre lui les lois d'une théocratie intolérante, que la domination romaine n'avait pas encore abrogées *.

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