Luc, xvî
3. Il est probable que ce personnage allégorique de Lazare (n"îvS«, « celui que Dieu secourt, » ou nv-t^S, « celui qui n'a pas de secours »), désignant le peuple d'Israël (« le pauvre » aimé de Dieu, selon une expression familière aux prophètes et aux psalmistes), était consacré avant Jésus par quelque légende populaire ou dans quelque livre maintenant perdu.
4 Remarquez combien la suture du verset Luc, xvi, 23 est peu naturelle. On sent là une de ces fusions d'éléments divers qui sont familières à Luc. Voir ci-dessus, Introduction, p. Lxxxr
VIE DE JESUS
OniGINES DU CHRISTIANISME.
(OjvuJvU. nommé JLazare S que Jésus fit sortir du tombeaiil^ Â^^^j^^^^,^^ Quand on sait de quelles inexactitudes, de quels coqà-l'âne se forment les commérages d*une ville d'Orient, on ne regarde même pas comme impossible qu'un bruit de ce genre se soit répandu à Jérusalem du vivant de Jésus et ait eu pour lui des conséquences funestes.
D'assez notables indices semblent faire croire, en effet , que certaines causes provenant de Béthanie contribuèrent à hâter la mort de Jésus '. On est par moments tenté de supposer que la famille de Béthanie commit quelque imprudence ou tomba dans quelque excès de zèle. Peut-être l'ardent désir de fermer la bouche à ceux qui niaient outrageusement la mission divine de leur ami entraîna-t-elle ces personnes passionnées au delà de toutes les bornes. Il faut se rappeler que , dai.>s cette ville impure et pesante de
4. Remarquez ragencement singulier de Jean, xi, 4-2. Lazare est d'abord introduit comme un inconnu, tI; àoôevwv AaJiapoç, puis se trouve tout à coup frère de Marie et de Marthe.
%. Je ne doute plus que Jean, xi, 1-i6, et Luc, xvi, 49-31, ne se répondent ; non que le quatrième évangéliste ait eu sous les yeux le texte du troisième, mais tous deux ont sans doute puisé à des traditions analogues. Voir l'Appendice, à \? an de ce volume, p. 487-488, 515, 517, 521, 522, 524, 525, f;27, B30, 531, 532-