‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 278 sur 1128 · Jean, xi, 46 et sujv.; xii, 2, 9 et suiv., 17 el suiy · texte numérisé non relu

Jean, xi, 46 et sujv.; xii, 2, 9 et suiv., 17 el suiy

j.'.rusalcm, Jésus n'était plus lui-même. Sa conscience par la faut« des hommes et non par la sienn«, avait perdu quelque chose de sa limpidité primordiale. Désespéré, poussé à b»ut, il ne s'appartenait plus, sa mission s'imposait . lui, et il obéissait au torrent • , La mort allait dans quelques jours lui rendre sa hbe divine et l'arracher aux fatales nécessités dun rôle qui à chaque heure devenait plus exigeant, plus dit-

ficile à. soutenir. .

Le contraste entre son exaltation toujours croissante et l'indifférence des Juifs augmentait sans cesse. En même temps, les pouvoirs publics s'aigrissaient contre lui. Dès le mois de février ou le commencement de mars un conseil fut assemblé par les chefs des prêtres ' et dans ce conseil la question fut nettement posée': « Jésus et le judaïsme pouvaient-ils vivre ensemble? » Poser la question, c'était la résoudre e sans être prophète, comme le veut l'evangeliste. e grand prêtre put très-bien prononcer son axiome sanglant: .. Il est utile qu'un homme meure pour tout le

"lÔ grand P^tre de cette année ->, pour prendre une expression du quatrième évangéliste, qui rend très-bien l'état d'abaissement où se trouvait réduit

fl. Jcan,xi, 47et?uiv.

VIE DE JÉSUS

le souverain pontificat, était Joseph Kaïapha, nommé par Valérius Gratus et tout dévoué aux Romains. Depuis que Jérusalem dépendait des procurateurs, la charge de grand prêtre était devenue une fonction amovible ; les destitutions s'y succédaient presque chaque année*. Kaïapha, cependant, se maintint plus longtemps que les autres. Il avait revêtu sa charge Tan 25 , et U ne la perdit que Tan 36. On ne sait rien de son caractère. Beaucoup de circonstances portent à croire que son pouvoir n'était que nominal. A côté et au-dessus de lui, nous voyons toujours un autre personnage, qui paraît avoir exercé, au moment décisif qui nous occupe, un pouvoir prépondérant.

Ce personnage était le beau-père de Kaïapha, Hanan ou Annas% fils de Seth, vieux grand prêtre déposé, qui, au milieu de cette instabilité du pontificat, conserva au fond toute l'autorité. Hanan avait reçu le souverain sacerdoce du légat Quirinius, l'an 7 de notre ère. Il perdit ses fonctions l'an 14, à l'avénement de Tibère; mais il resta très -considéré. On continuait à l'appeler « grand prêtre », quoi-

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