‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 31 sur 1128 · Voir le passage précité de Papias · texte numérisé non relu

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INTRODDCTIOW.

de Luc, sont inventés pour faire ressortir vivement certains traits de la physionomie de Jésus. Celte physionomie elle-même subissait chaque jour des altérations. Jésus serait un phénomène umque dans l'histoire si, avec le rôle qu'il joua, il n'avait été bien vite transfiguré. La légende d'Alexandre était éclose avant que la génération de ses compagnons d'armes fût éteinte; celle de saint François d'Assise commença de son vivant. Un rapide travail de métamorphose s'opéra de même, dans les vingt ou trente années qui suivirent la mort de Jésus, et imposa à sa biographie les tours absolus d'une légende idéale. La mort perfectionne l'homme le plus parfait; elle le rend sans défaut pour ceux qui l'ont aimé. En même temps, d'ailleurs, qu'on voulait peindre le maître, on voulait le démontrer. Beaucoup d'anecdotes étaient conçues pour prouver qu'en lui les prophéties envisagées comme messianiques avaient eu leur accomplissement. Mais ce procédé, dont il ne faut pas nier l'importance, ne saurait tout expliquer. Aucun ouvrage juif du temps ne donne une série de prophéties exactement libellées que le Messie dût accomplir. Plusieurs des allusions messianiques rJevées par les évangélistes sont si subtiles, si détournées , qu'on ne peut croire que tout cela répondît à une doctrine généralement admise. Tantôt

INTRODUCTION

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,j„ VIE DE JÉSUS.

Ton raisonna ainsi : « Le Messie doit faire telle chose; or, Jésus est le Messie; donc Jésus, a fait telle chose. » Tantôt on raisonna à. l'inverse : « Telle chose est arrivée à Jésus; or, Jésus est le Messie; donc, telle chose devait arriver au Messie*. » Les explications trop simples sont toujours fausses quand il s'agit d'analyser le tissu de ces profondes créations du sentiment populaire, qui déjouent tous les systèmes par leur richesse et leur infinie

variété.

A peine est-il besoin de dire qu'avec de tels documents, pour ne donner que de l'incontestable, il faudrait s'en tenir aux lignes générales. Dans presque toutes les histoires anciennes, même dans celles qui sont bien moins légendaires que celles-ci, le détail prête à des doutes infinis. Quand nous avons deux récits d'un même fait , il est extrêmement rare que les deux récits soient d'accord. N'est-ce pas une raison, quand on n'en a qu'un seul, de tomber en bien des perplexités? On peut dire que, parmi les anecdotes, les discours, les mots célèbres rapportés par les historiens, il n'y en a pas un de rigoureusement authentique. Y avait-il des sténographes pour fixer ces paroles rapides? Y avait-il un annaliste

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