‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 312 sur 1128 · C. Jean, tiviu · texte numérisé non relu

C. Jean, tiviu

VIE DE JÉSUS

Pilate pùt donc désiré sauver Jésus. Peut-être l'attitude calme de l'accusé fit-eile sur lui de l'impression. Selon un3 tradition*, peu solide il est vrai, Jésus aurait trouvé un appui dans la propre femme du procurateur, laquelle prétendit avoir eu h son sujet un rêve pénible. Elle avait pu entrevoir le doux Galiléen de quelque fenêtre du palais , donnant sur les cours du temple. Peut-être le revit-elle en songe , et le sang de ce beau jeune homme, qui allait être versé, lui donna-t-il le cauchemar. Ce qu'il y a de certain, c*est que Jésus trouva Pilate prévenu en sa faveur. Le gouverneur l'interrogea avec bonté et avec l'intention de chercher tous les moyens de le renvoyer absous. Le titre de « roi des Juifs » , que Jésus ne s'était jamais attribué, mais que ses ennemis présentaient comme le résumé de son rôle et de ses prétentions, était naturellement le meilleur prétexte pour exciter les ombrages de l'autorité romaine. C'est par ce côté, comme séditieux et comme coupable de crime d'Etat, qu'on se mit à l'accuser. Rien n'était plus injuste ; car Jésus avait toujours reconnu l'empire romain pour le pouvoir établi. Mais les partis religieux conservateurs n'ont pas coutume de reculer devant la calomnie. On tirait malgré lui toutes les conséquences de sa doo-

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trine; on le transformait en disciple de Juda le Gaulonite; on prétendait qu'il défendait de payer le tribut à César ^ Pilate lui demanda s'il était réellenonit le roi des Juifs '. Jésus ne dissimula rien de ce qu il pensait. Mais la grande équivoque qui avait fait sa force, et qui après sa mort devait constituer sa royauté , le perdit cette fois. Idéaliste, c'est-à-dire ne distinguant pas l'esprit et la matière, Jésus, la bouche armée de son glaive à deux tranchants, selon l'image de l'Apocalypse, ne rassura jamais complètement les puissances de la terre. (s'il faut en croire le quatrième Évangile, il aurait avoué sa royauté, mais prononcé en même temps cette profonde parole : « Mon royaume n'est pas de ce monde, y Puis il aurait expliqué la nature de sa royauté, se résumant tout entière dans la possession et la proclamation de la , vérité. Pilate ne comprit rien à cet idéalisme supérieur'. Jésus lui fit sans doute l'effet d'un rêveur inoffensif. Le manque total de prosélytisme religieux et philosophique chez les Romains de cette époque leur faisait regarder le dévouement h la vérité comme une c'jimère. Ces débats les ennuyaient et leur parais-

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