‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 318 sur 1128 · Matth., xxvii · texte numérisé non relu

Matth., xxvii

mable que Pilale ; car il représentait un pouvoir plus complet que n'était à Jérusalem , vers l'an 33 , celui des Romains , Quand le pouvoir civil se fait persécuteur ou tracassier, à la sollicitation du prêtre , il fait preuve de faiblesse. Mais que le gouvernement qui à cet égard est sans péché jette à Pilate la première pierre. Le « bras séculier », derrière lequel s'abrite la cruauté cléricale, n'est pas le coupable. Nul n'est admis à dire qu'il a horreur du sang, quand il le fait verser par ses exécuteurs.

Ce ne furent donc ni Tibère ni Pilate qui condamnèrent Jésus. Ce fut le vieux parti juif; ce fut la loi mosaïque. Selon nos idées modernes, il n'y a nulle transmission de démérite moral du père au fils ; chacun ne doit compte à la justice humaine et à la justice divine que de ce qu'il a fait. Tout juif, par conséquent, qui souffre encore aujourd'hui pour le meurtre de Jésus a droit de se plaindre; car peutêtre eût-il été Simon le Cyrénéen ; peut-être au moins n'eût-il pas été avec ceux qui crièrent : « Crucifiezle! » Mais les nations ont leur responsabilité comme les individus. Or, si jamais crime fut le crime d'une nation , c'est la mort de Jésus. Cette mort fut « légale )) , en ce sens qu'elle eut pour cause première une loi qui était l'âme même de la nation. La loi mosaïque, dans^a^ forme moderne, il esterai, mais^

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acceptée, prononçait la peine de mort contre toute l^ive pour changer le culte établi. Or, Jésus, sans nul doute, attaquait ce culte et aspirait à le détruire Les Juifs le dirent à Pilate avec une franchise simple et vraie : « Nous avons une loi , et selon cette loi il doit mourir; car il slest^M^ Fils de Dieu^ « La loi était détestable; mais c'était la loi de lajeroçité / antique, et le héros qui s'offrait pour l'abroger devait

avant tout la subir.

Hélas ! il faudra plus de dix-huit cents ans pour que le sang qu'il va verser porte ses fruits. En son nom, durant des siècles, on infligera des tortures et ia mort à des penseurs aussi nobles que lui. Aujourd'hui encore, dans des pays qui se disent chrétiens, des pénalités sont prononcées pour des délits religieux. Jésus n'est pas responsable de ces égarements. Il ne pouvait prévoir que tel peuple h l'imagination égarée le concevrait un jour comme un affreux Moloch, avide de chair brûlée. Le christianisme a été intolérant; mais l'intolérance n'est pas un fait essentiellement chrétien. C'est un fait juif, en ce sens que le judaïsme dressa pour la première fois la théorie de l'absolu en matière de foi, et posa le principe que tout individu détournant le peuple de la vraie reli-

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