‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 324 sur 1128 · Matth., XXVII, 45; Marc, xv, 33 ; Luc, xxni · texte numérisé non relu

Matth., XXVII, 45; Marc, xv, 33 ; Luc, xxni

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43g ORIGINES DO CHRISTIANISME.

Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné? » Mais son instinct divin l'emporta encore. A mesure que la vie du coiys s'éteignait, son âme se rassérénait et revenait peu à peu à sa céleste origine. Il retrouva le sentiment de sa mission; il vit dans sa mort le salut du monde; il perdit de vue le spectacle hideux qui se déroulait à ses pieds, et, profondément uni à son Père il commença sur le gibet la vie divine qu'il allait mener dans le cœur de l'humanité pour des

siècles infinis. ,

L'atrocité particulière du supplice de la croix était qu'on pouvait vivre trois et quatre jours dans cet horrible état sur l'escabeau de douleur \ L'hémorragie des mains s'arrêtait vite et n'était pas mortelle. La vraie cause de la mort était la position contre nature du corps , laquelle entraînait un trouble affreux dans la circulation, de terribles maux de tête et de cœur, et enfin la rigidité des membres. Les crucifies de forte complexion pouvaient dormir et ne mouraient que de faim^ L'idée mère de ce cruel supplice était non de tuer directement le condamné par des lésions déterminées, mais d'exposer l'esclave, cloué

,. Pétrone, Sat.. cxi et suiv.; Origène, In Malih^ Comment séries, 440; texte arabe publié dans Kosegart^n, ChresL arab., p. 63 ei suiv. ; Revue germ., endroit cité.

t. Eusèbe, Hist, eccL. VIU, 8; Revuegerm.. ibid.

VIE DE JÉSUS

par les mains dont il n'avait pas su faire bon usage, et de le laisser pourrir sur le bois. L'organisation délicate de Jésus le préserva de cette lente agonie. Une soif brûlante, l'une des tortures du crucifiement * comme de tous les supplices qui entraînent une hémorragie abondante , le dévorait. Il demanda à boire. Il y avait près de là un vase plein de la boisson ordinaire des soldats romains , mélange de vinaigre et d'eau, appelé ^posca. Les soldats devaient porter avec eux leur posca dans toutes les expéditions*, au nombre desquelles une exécution était comptée. Un soldat trempa une éponge ' dans ce breuvage, la mit au bout d'un roseau, et la porta aux lèvres de Jésus, qui la suça*. On s'imagine en Orient que le fait de donner à boire aux crucifiés et aux empalés accélère la mort ' : plusieurs crurent que Jésus

4. Voir le texte arabe publié par Kosegarten, Chrest. arah., p. 64, et la Revue germ., endroit précité.

2. Spartien, Vie d'Adrien, 4 0 ; Vulcatius Gallicanus, Vied'Avi-

dius Cassiics, 5.

3. Probablement la petite éponge qui servait à fermer le goulot

du vase où était la posca.

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