Jean, xix, 25 et suiv
4. Les synoptiques sont d'accord pour placer le groupe fidèle a loin » de la croix. Le quatrième évangéliste dit « à côté », dominé par le désir qu'il a de montrer que Jean s'est approché très-près de la croix de Jésus.
5. Matth., XXVII, 55-56; Marc, xv, 40-41 ; Luc, xxiii, 49, 55; XXIV, iO; Jean, xix, 25. Cf. Luc, xxin, 27-31.
6. Jean, xix, ^5 et suiv. Luc, toujours intermédiaire entre les deux premiers synoptiques et Jean, place aussi, mais à distance, « tous ses amis » (xxiii, 49). L'expression pwaToi peut, il est vrai,
aussi au pied de la croix, et Jésus, voyant réunis sa mère et son disciple chéri, eut dit à Tun : « Voilà ta mère, » h r autre : « Voilà ton fils^ » Mais on ne comprendrait pas comment les évangélistes synoptiques , qui nomment les autres femmes, eussent^oniis celle dont la présence étaU un traitai j;agpant. Peut- "êtr^^ïlême la hauteur extrême du caractère de Jésus ne rend -elle pas un tel attendrissement personnel vraisemblable, au moment où, déjà préoccupé de son œuvre, il n'existait plus que pour l'humanité.
A part ce petit groupe de femmes, qui de loin consolaient ses regards, Jésus n'avait devant lui que le spectacle de la bassesse humaine ou de sa stupidité. Les passants l'insultaient. Il entendait autour de lui de sottes railleries et ses cris suprêmes de douleur tournés en odieux jeux de mots : « Ah! le voilà, disait-on, celui qui s'est appelé Fils de Dieu! Que
convenir aux « parents » . Luc cependant (ii, 44) distingue les t'"<'-
Tûî des oti-n^veT;. Ajoutons que les meilleurs manuscrits portent oi
^«oTcl aÙTô,, et non oî -yvcootoI aÙToû. Dans les Actes (i, U) , Marie, mère
de Jésus, est mise en compagnie des femmes galiléennes ; ailleurs
(Évang., ii, 35), Luc lui prédit qu'un glaive de douleur lui percera
l'àme. Mais on s'explique d'autant moins qu'il l'omette à la croix.
4. Jean, après la mort de Jésus, paraît, en effet, avoir recueilli
la mère de son maître, et l'avoir comme adoptée (Jean, xix, 27).
La grande considération dont jouit Marie dans l'Église naissante
porra sans doute les disciples de Jean k Drétendre que Jésus, dont
son père, s'il veut, vienne maintenant le délivrer! — II a sauvé les autres , murmurait-on encore , et il ne peut se sauver lui-même. S'il est roi d'Israël, qu'il descende de la croix, et nous cro/ons en lui! — Eh bien, disait un troisième, toi qui détruis le temple de Dieu, et le rebâtis en trois jours, sauve-toi, voyonsM » — Quelques-uns, vaguement au courant de ses idées
apocalyptiques, crurent l'entendre appeler Elie, et dirent : « Voyons si Élie viendra le délivrer. » Il paraît que les deux voleurs crucifiés à ses côtés l'insultaient aussi*. Le ciel était sombre'; la terre, comme dans tous les environs de Jérusalem, sèche et morne. Un moment, selon certains récits, le cœur lui défaillit; un nuage lui cacha la face de son Père; il eut une agonie de désespoir, plus cuisante mille fois que tous les tourments. Il ne vit que l'ingratitude des hommes; il se repentit peut-être de souffrir pour une race vile, et il s'écria : « Mon Dieu, mon
ils voulaient que leur maître eût été le disciple favori, lui avait recommandé en mourant ce qu'il avait de plus cher. La présence vraie ou supposée auprès de Jean de ce précieux dépôt lui donnait sur les autres apôtres une sorte de préséance, et assurait à la doctrine dont on le faisait garant une haute autorité. 4. Matth., xxvii, 40 et suiv. ; Marc, xv, 29 et suiv.
2. Matth., XXVII, 44; Marc, xv, 32. Luc, suivant son goût pour la conversion des pécheurs, a ici modifié la tradition.