‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 366 sur 1128 · I.ITRODUCTION · texte numérisé non relu

I.ITRODUCTION

if

des Acles est bien le disciple de Paul qui dit « nous » aux derniers chapitres. Toutes les difficultés, quelque insolubles qu'elles paraissent, doivent être, sinon écartées, du moins tenues en suspens par un argument aussi décisif que celui qui résulte de ce mot <( nous «. Ajoutons qu'en attribuant les Actes à un compagnon de Paul, on explique deux particularités importantes : d'une part, la disproportion des ^ parties de l'ouvrage, dont plus des trois cinquièmes sont consacrés à Paul ; de l'autre , la disproportion qui se remarque dans la biographie même de Paul, dont la première mission est exposée avec une grande brièveté, tandis que certaines parties de la deuxième et de la troisième mission , surtout les derniers voyages, sont racontés avec de mi- ^ nutieux détails. Un homme tout à fait étranger à l'histoire apostolique n'aurait pas eu de ces inégalités. L'ensemble de son ouvrage eut été mieux conçu. Ce qui distingue l'histoire composée d'après des documents de l'histoire écrite en tout ou eu partie d'original, c'est justement la disproportion; l'historien de cabinet pVenant pour cadre de son récit les événements euxmêmes, l'auteur de mémoires prenant pour cadre ses souvenirs ou du moins ses relations personnelles. Un historien ecclésiastique, une sorte d'Eusèbe, écrivant vers l'an 120, nous eut légué un hvre tout autrement

jt*

iyi LES APOTRES.

distribué à partir du chapitre xiii. La façon bizarre dont les Actes^ à ce moment, sortent de l'orbite où ils tournaient jusque-là, ne s'explique, selon moi, que par la situation particulière de l'auteur et ses rapports avec Paul. Ce résultat sera naturellement confirmé si nous trouvons parmi les collaborateurs connus de Paul le nom de fauteur auquel la tradition attribue notre écrit.

C'est ce qui a lieu en effet. Les manuscrits et la tradition donnent pour auteur au troisième Évangile un certain Lucanus"^ ou Lucas, De ce qui a été dit, il résulte que, si Lucas est vraiment l'auteur du troisième Évangile, il est également l'auteur des Actes, Or, ce nom de Lucas, nous le rencontrons justement comme celui d'un compagnon de Paul, dans Tépître aux Colossiens, iv, lli; dans celle à Philémon, 24, j et dans la deuxième à Timothée, iv, 11. Cette dernière épître est d'une authenticité plus que douteuse. Les épîtres aux Colossiens et à Philémon, de leur côté, quoique très-probablement authentiques, ne sont pourtant pas les épîtres les plus indubitables de saint Paul. Mais ces écrits sont, en tout cas, du premier siècle, et cela suffit pour prouver invinciblement que, parmi les disciples de Paul, il exista un Lucas.

Page 1