ICor., XIV, 13, U, 27 et suiv
4. Jurieu, Lettres pastorales, 3* année, 3* lettre; Misson , le Théâtre sacré des Cévennes, p. 10, 14, 15, 18, 19, 22, 31, 32, 36, 37, 65, 66, 68, 70, 94, 104, 109, 126, 140; Brueys, Histoire du fanatisme (Montpellier, 1709), I, pages 145 et suiv.; Fléchier, Uttres choisies (Lyon, 1734), I, p. 353 et suiv.
le plus frappant est celui des «Jiseurs » suédois S vers 1841-1843. Des paroles involontaires, dénuées de sens pour ceux qui les prononçaient, et accompao-nées de convulsions et d'évanouissements, furent longtemps un exercice journalier dans cette petite secte. Cela devint tout à fait contagieux, et un assez grand mouvement populaire s'y rattacha. Chez les irvingiens, le phénomène des langues s'est produit avec des traits qui reproduisent de la manière la plus frappante les récits des Actes et de saint Paul 2. Notre siècle a vu des scènes d'illusion du même genre qu'on ne rappellera pas ici; car il est toujours injuste de comparer la créduHté inséparable d'un grand mouvement religieux à la crédulité qui n'a pour cause
que la platitude d'esprit.
Ces phénomènes^ étranges transpiraient parfois au dehors. Des extatiques, au moment même où ils étaient en proie à leurs illuminations bizarres, osaient sortir et se montrer à la foule. On les prenait pour des gens
1. Karl Hase, Ilist. de l'Église, § 439 et 458, 5; le journal protestant V Espérance, 1" avril 1847.
2. M. Hohl, Bruchst'âcke aus dem Lehen imd den Schriften Ed. Irving's (Saint-Gall, 1839), p. 145, 149 et suiv.; Karl Hase, Hist. de VÉgL, § 458, 4.— Pour les Mormons, voir Remy, Voyage, I, p. 176-1 77, note; 259-260; 11, p. 55 et suiv.- Pour les convulsionnaires de Sai'nt-Médard, voir surtout Carré deMontgeron, la Vérité sur les miracles, etc. (Paris, 1737-1741), H, p. 18, 19, 49, 54, 55, 63, 64, 80, etc.
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LES APOTRES
ivres ^ Quoique sobre en fait de mysticisme, Jésus avait plus d'une fois présenté en sa personne les phénomènes ordinaires de l'extase 2. Les disciples, pendant deux ou trois ans, furent obsédés de ces idées. Le prophétisme était fréquent et considéré comme un don analogue à celui des langues^. La prière, mêlée de convulsions, de modulations cadencées, de soupirs mystiques, d'enthousiasme Ijrique, de chants d'action de grâce ^ était un exercice journalier. Une riche veine de « cantiques », de « psaumes », d' « hymnes » , imités de ceux de l'Ancien Testament, se trouva ainsi ouverte ^. Tantôt la bouche et le cœur s'accompagnaient mutuellement; tantôt le cœur chantait seul, accompagné intérieurement de la grâce ^. Aucune langue ne rendant les sensations nouvelles qui se produisaient, on se laissait aller à un bégayement indistinct, à la fois sublime et puéril, où ce qu'on peut appeler « la langue chrétienne » flottait à l'état d'embryon. Le christianisme, ne trouvant pas