‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 43 sur 1128 · Matth., XIII, 55 ; Marc, vi, 3; Jean, vi · texte numérisé non relu

Matth., XIII, 55 ; Marc, vi, 3; Jean, vi

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VIE DE JÉSUS

état si commun en Orient, qui n'est ni Taisance ni la misère. L'extrême simplicité de la vie dans de telles contrées, en écartant le besoin de ce qui constitue chez nous une existence agréable et commode , rend le privilège du riche presque inutile , et fait de tout le monde des pauvres volontaires. D'un autre côté, le manque total de goût pour les arts et pour ce qui contribue à l'élégance de la vie matérielle donne à la maison de celui qui ne manque de rien un aspect de dénûment. A part quelque chose de sordide et de repoussant que l'islamisme a porté avec lui dans toi te la terre sainte, la ville de Nazareth, au temps de Jésus, ne différait peut-être pas beaucoup de ce qu'elle est aujourd'hui \ Les rues où il joua enfant , nous les voyons dans ces sentiers pierreux ou ces petits carrefours qui séparent les cases. La maison de Joseph, ressembla beaucoup sans doute à ces pauvres boutiques , éclairées par la porte , servant à la fois d'établi , de cuisine , de chambre h coucher, ayant pour ameublement une natte , quelques coussins à terre , un ou deux vases d'argile et un coffre peint.

4. L'aspect grossier des ruines qui couvrent la Palestine prouve que les villes qui ne furent pas reconstruites à la manière romaine étaient fort mal bâties. Quant à la forme des maisons, elle est, en Syrie, si simple et si impérieusement commandée par le climat, qu'elle n'a jamais dû changer.

La famille , qu'elle provînt d'un ou de plusieurs mariages, était assez nombreuse. Jésus avait des frères et des sœursS dont il semble avoir été l'aîné*. Tous sont restés obscurs ; car il paraît que les quatre personnages qui sont donnés comme ses frères, et parmi lesquels un au moins, Jacques, est arrivé à une grande importance dans les premières années du développement du christianisme , étaient ses cousins germains. Marie, en effet, avait une sœur nommée aussi Marie% qui épousa un certain Alphée ouCléophas (ces deux noms paraissent désigner une même

^ Matth., I, 25 (texte reçu); xii, 46 et suiv.; xiii, 55 et suiv.; Bïarc, m, 31 et suiv.; vi, 3; Luc, ii, 7, viii, 19 et suiv.; Jean, ii, 12; VII, 3, 5, 10; Act., i, 14; Hégésippe, dans Eusèbe, //. E., m, 20. L'assertion que le mot ah (fnre) aurait en hébreu un sens pius large qu'en français est tout, à fait fausse. La signification du mot ah est identiquement la même que celle du mot « frère». Les emplois métaphoriques, ou abusifs, ou erronés, ne prouvent rien contre le sens propre. De ce qu'un prédicateur appelle ses auditeurs « mes frères », en conclura-t-on que le mot « frère » n'a pas en français un sens très-précis? Or, il est évident que , dans les passages précités , le mot « frère » n'est pas pris au sens figuré. Remarquez en particulier Matth. , xii, 46 et /* suiv., qui exclut également le sens abusif de « cousin ». (^

2. Matth., I, 25; Luc, ii, 7. H y a des doutes critiques sur le texte de Matthieu, mais non sur celui de Luc.

3. Jean, xix,25. Ces deux sœurs portant le même nom sont un fait singulier. Il y a là probablement quelque inexactitude, venant de l'habitude de donner presque indistinctement aux Galiléennei le nom de Marie.

26 ORIGIISES DU CHRISTIANISME.

personne *), et fut mère de plusieurs fils qui jouèrent un rôle considérable parmi les premiers disciples de Jésus. Ces cousins germains, qui adhérèrent au jeune maître, pendant que ses vrais frères lui faisaient de l'opposition *, prirent le titre de a frères du Seigneur 3 «.

1. Ils ne sont pas étymologiquement identiques. ÀXcpaîc; est la transcription du nom syro-chaldaïque Ilalphaï; KXurâ; ou KXeoira; est une forme écourtée de KXeoirarpoç. Mais il pouvait y avoir substitution artificielle de l'un à l'autre , de même que les Joseph se faisaient appeler « Hégésippe », les Eliakim « Alcimus », etc.

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