Jean, vu, 3 et suiv
3. En effet, les quatre personnages qui sont donnés (Matth., xiîi, 55; Marc, vi, 3) comme frères de Jésus : Jacob , Joseph ou José, Simon et Jude, se retrouvent, ou à peu près, comme fils de Marie et de Cléophas. Matth., xxvii, 56; Marc, xv, 40; xvi, 4; Luc, XXIV, \0; Gai., i, 49; Epist. Jac, i, ^ ; Epist. Judœ, i ; Euseb., Chron. ad ann. R. dcccx; îlist. eccl. , III, 11, 22, 32 (d'après Hégésippe); Conslit. aposl., VII, 46. L'hypothèse que nous proposons lève seule l'énorme difficulté que l'on trouve à supposer deux sœurs ayant chacune trois ou quatre fils portant les mêmes noms, et à admettre que Jacques et Simon, les deux premiers évêques de Jérusalem, qualifiés de a frères du Seigneur», aient été de vrais frères de Jésus, qui auraient commencé par lui être hostiles, puis se seraient convertis. L'évangéliste, entendant appeler ces 'quatre fils de Cléophas «frères du Seigneur», aura mis, par erreur, leur nom au ]()assage Mallh., xiii, 55 =^Marc, VI, 3, à la place des noms des vrais frères, restés toujours obscurs. On s'explique de la sorte comment le caractère des personnages appelés « frères du Seigneur», de Jacques, par exemple, est si différent de celu= des vrais frères de Jésus, tel qu'on le voit se dessiner dans Jean, vu, 3 et suiv. L'expression de « frères du Sei-
VlE DE JÉSUS.
Les vrais frères de Jésus n'eurent de notoriété, ainsi que leur mère, qu'après sa* mort ^ Même alors, ils ne paraissaient pas avoir égalé en considération leurs cousins, dont la conversion avait été plus spontanée (et dont le caractère semble avoir eu plus d'originalité. Leur nom était inconnu, à tel point que, quand l'évangéliste met dans la bouche des gens de Nazareth l'énumération des frères selon la nature, ce sont les noms des fils de Cléophas qui se présentent à lui tout d'abord.
Ses sœurs se marièrent à Nazareth*, et il y passa les années de sa première jeunesse. Nazareth était une petite ville , située dans un pli de terrain largement ouvert au sommet du groupe de montagnes qui ferme au nord la plaine d'Esdrelon. La population est maintenant de trois à quatre mille âmes , et elle peut n'avoir pas beaucoup varié \ Le froid y est vif en hiver et le climat fort salubre. Nazareth comme à cette époque toutes les bourgades juives,
gneur » constitua évidemment, dans TÉglise primitive, une espèce d'ordre parallèle à celui des apôtres. Voir surtout Gai, i, 49; I Cor», IX, 5.