‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 445 sur 1128 · I Cor., V, 1 etsuiv · texte numérisé non relu

I Cor., V, 1 etsuiv

8« ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 35]

livrée au pouvoir du mal^, ne fût perdue. Satan était considéré comme l'auteur des maladies; lui livrer le membre gangrena, c'était livrer celui-ci à l'exécuteur naturel de la sentence. Une mort prématurée était tenue d'ordinaire pour le résultat d'un de ces arrêts occultes, qui, selon la forte expression hébraïque, « extirpait une âme d'Israël 2». Les apôtres se croyaient investis de droits surnaturels. En prononçant de telles condamnations, ils pensaient que leurs anathèmes ne pouvaient manquer d'être suivis d'effet.

L'impression terrible que faisaient les excommunications, et la haine de tous les confrères contre les membres ainsi retranchés, pouvaient en effet, dans beaucoup de cas, amener la mort, ou du moins forcer le coupable à s'expatrier. La même équivoque terrible se retrouvait dans l'ancienne Loi. « L'extirpation )) impliquait à la fois la mort, l'expulsion de la communauté, l'exil, un trépas solitaire et mystérieux \ Tuer l'apostat, le blasphémateur , frapper le corps pour sauver l'âme, devait paraître tout légi-

\. ITim., I, 20.

2. Gen., xvii, 14 et autres passages nombreux dans le code mosaïque; Mischna, Kerithouth, i, 1 ; Talmud de Bab., Moëd katon, 28 a. Comparez TerluUion, De anima, 57.

3. Voir les dictionnaires hébreux et rabbiniques, au mot ni3. Comparer le mot exlerminare.

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LES APOTRES

time. Il faut se rappeler que nous sommes au temps des zélotes, qui regardaient comme un acte de vertu de poignarder quiconque manquait à la loi S et ne pas oublier que certains chrétiens étaient ou avaient été zélotes2. Des récits comme celui de la mort d'Ananie et de Saphire^ n'excitaient aucun scrupule. L'idée de la puissance civile était si étrangère à tout ce monde placé en dehors du droit romain, on était si persuadé que l'Église est une société complète, se suffisant à elle-même, que personne ne voyait, dans un miracle entraînant la mort ou la mutilation d'une personne, un attentat punissable devant la loi civile. L'enthousiasme et une foi ardente couvraient tout, excusaient tout. Mais l'effroyable danger que recelaient pour l'avenir ces maximes théocratiques s'aperçoit facilement. L'Église est armée d'un glaive; l'excommunication sera un arrêt de mort. Il y a désormais dans le monde un pouvoir en dehors de l'État qui dispose de la vie des citoyens. Certes, si l'autorité romaine s'était bornée à réprimer chez les juifs et les chrétiens des principes aussi condamnables, elle aurait eu mille fois raison. Seulement, dans sa brutalité,

1. Mischna, Sanhédrin, ix, 6; Jean, xvi, 2; Jos., ^. J.. VU, viii, 1 ; m Macch. (apocr.), vu, 8, 12-13.

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