‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 48 sur 1128 · Mischna, Schahhath, i · texte numérisé non relu

Mischna, Schahhath, i

J. Mallh., XIII, 54 et 8uiv.; Jean, vu, 45.

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3, OKIGINES DO CHRISTIANISME.

commun en Orient avec ce que nous appelons éducation. Ce sont les hommes d'école, au contraire qui passent pour pédants et mal élevés. Dans cet état social, l'ignorance, qui, chez nous, condamne l'homme à un rang inférieur, est la condition des grandes choses et de la grande originalité.

Il n'est pas probable que Jésus ait su le grec. Cette langue était peu répandue en Judée hors des classes qui participaient au gouvernement et des villes habitées par les païens , comme Césarée Mj i^ome

propre de Jésus était le dialecte syriaque me e d hébreu qu'on pai-lait alors en Palestine ^ A plus forte

. 1. I- «. «. Tfllmud de Jérusalem, Jfe^î^^a* 4 Mischna, Schekaltm, m, 2, laimua ue - ^

J'caÏ; sJta. vu, ^ ; TaUnud de Babylone, Baba kana, 83 a.

''f'Ma;r 1746-, Marc, ..., H; v, 4,; vn, 34; xW, 3e-. xv, U J^xtin ;«. - .-, dans les écrivain, de ce emps, ! ? oll le dialecte sémitique qu'on parlait en Palestme

" lÏi;;, An., XVUl, V.. «0 ; XX, sub Hn.-, B. J.. proœm. ; V VY .X *• VI. .., 1; CoMve Apion. I. 9; De mec, i2, I^ri mo.ùre;ons plus tard que quelques-uns des documents a„ iserv elde base aux-Évangiles synoptiques ont été cents en 1" dXte sémitique, t, en fut de même pour p us.eurs apocryphes (IV livre des Macch., xv,,«d calcem, etc.). Enhn, la chrétienté directement issue du premier mouvement gahleen (naz - ^Z'ébicnm, etc.). laquelle se continua >on«^ J^ '" M et .e Hauran . parlait un dialecte sém.Uque ( Eusèbe , De

VIE DE JÉSUS

raison n*eut-il aucune connaissance de la culture grecque. Cette culture était proscrite par les docteurs palestiniens, qui enveloppaient dans une même malédiction « celui qui élève des porcs et celiû qui apprend à son fils la science grecque * ». En tout cas, elle n'avait pas pénétré dans les petites villes comme Nazareth. Nonobstant l'anathème des docteurs , il est vrai , quelques Juifs avaient déjà embrassé la culture hellénique. Sans parler de l'école

juive d'Egypte, où les tentatives pour amalgamer l'hellénisme et le judaïsme se continuaient depuis près de deux cents ans, un Juif, Nicolas de DamaSj. était devenu, dans ce temps même, l'un des hommes les plus distingués, les plus instruits, les plus considérés de son siècle. Bientôt Josèphe devait fournir un autre exemple de Juif complètement hellénisé. Mais Nicolas n'avait de juif que le sang; Josèphe déclare avoir été parmi ses contemporains une exception % et toute l'école schismatique d'Egypte s'était détachée de Jérusalem à tel point, qu'on n'en trouve

7, 9; XXX, 3; S Jérôme, fn Matlh,, xii, 43; Dial. adv. Pelag.,

1. Mischna, Sanhédrin, xi, \\ Talmud de Babylone, Baba kama, 821 6 et 83 a; Sota, 49, a et b; Mejiachoik; 64 6. Comp H Macch. ^ iv^ 40 et suiv.

S. Jos., Ant., XX, XI, t.

pas le moindre souvenir dans le Talmud ni dans la tradition juive. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'à Jérusalem le grec éUit très-peu étudié, que les études grecques étaient considérées comme dangereuses et même serviles, qu'on les déclarait bonnes tout au plus pour les femmes en guise de parure \ L'étude seule de la Loi passait pour libérale et digne d'un homme sérieux». Interrogé sur le moment oîi il convenait d'enseigner aux enfants « la sagesse grecque », un savant rabbin avait répondu : « A l'heure qui n'est ni le jour ni la nuit, puisqu'il est écrit de la Loi : « Tu l'étudieras jour et nuit». »

Ni directement ni indirectement, aucun élément de doctrine hellénique ne parvint donc jusqu'à Jésus. II ne connut rien hors du judaïsme ; son esprit conserva cette franche naïveté qu'affaiblit toujours une culture étendue et variée. Dans le sein même da judaïsme, il resta étranger à beaucoup d'efforts souvent parallèles aux siens. D'une part, l'ascétisme des esséniens et des thérapeutes * ne paraît pas avoir eu

j. Talmud de Jérusalem, Péah, i, 1.

j Jos., Ant., îoc. cit.; Orig., Contra Celsum, H, 34.

3! Talmud de Jérusalem, Péah, i, * ; Talmud de Babylone,

ilenackolh, 99 t. ., , ■

4 Les thérapeutes de Philon sont une branche d essémens. Leur nom même paraît n'être qu'une traduction grecque de celui drs esténiem ( Èa,.;«, a^aya, . médecins .). Cf. Philon, D*

VIE DE JÊSCS.

sur lui d'influence directe'; de l'autre, les beaux essais de philosophie religieuse tentés par l'école juive d'Alexandrie, et dont Philon, son contemporain, était l'ingénieux interprète , lui furent inconnus. Les fréquentes ressemblances qu'on trouve entre lui et Philon, ces excellentes maximes d'amour de Dieu, de charité, de repos en Dieu', qui font comme un écho entre l'Evangile et les écrits de l'illustre penseur alexandrin, viennent des communes tendances que les besoins du temps inspiraient à tous les esprits élevés.

Heureusement pour lui, il n'étudia pas davantage la scolastique bizarre qui s'enseignait à Jérusalem et qui devait bientôt constituer le Talmud. Si quelques pharisiens l'avaient déjà apportée en Galilée, il ne les fréquenta pas, et, quand il toucha plus tard cette casuistique niaise, elle ne lui inspira que le dégoût. On peut supposer cependant que les principes de Hillel ne lui furent pas inconnus. Hillel, cinquante ans avant lui, avait prononcé des apho-

vita contempl., § 1; Jos., B. J., II, viii, 6; Épiphane, Adv>, liœr.j XXIX, 4.

^. Les esséniens ne figurent pas une seule fois dans Jes écrits du christianisme naissant.

2. Voir surtout les traités Quii rerum divinarum hœres sii et De philanthropia de Philon,

3g ORIGINES DU CHRISTIANISME.

rismes qui ont avec les siens beaucoup d'analogîe. Par sa pauvreté humblement supportée, par la douceur de son caractère , par l'opposition qu'il faisait aux hypocrites et aux prêtres, Hillel fut le maître de Jésus S s'il est permiTde parler de maître quand il s'agit d'une si haute originalité.

La lecture des livres de l'Ancien Testament fit sur lui beaucoup plus d'impression. Le canon des livres *laiDts se composait de deux parties principales, la *^Loi, c'est-à-dire le Pentateuque, et les Prophètes, tels' que nous les possédons aujourd'hui. Une vaste exégèse allégorique s'appliquait à tous ces livres et cherchait à en tirer ce qui n'y est pas, mais ce qui répondait aux aspirations du temps. La Loi, qui re- .cr>ilprésentait, non les anciennes lois du pays, mais bien ^ lies utopies, les lois factices et les fraudes pieuses du temps des rois piétistes, était devenue, depuis que la nation ne se gouvernait plus elle-même, un thème inépuisable de subtiles interpréta«bns. Quant aux Prophètes et aux Psaumes, on était persuadé que presque tous les traits un peu mystérieux de ces livres se rapportaient au Messie, et l'on y cherchait d'avance le type de celui qui devait réaliser les espé-

1. Pirke Aboth, ch. i et ii; Talm. de Jérus., Pesacfiîm,\i, 4 ; Talm. de Bab., Pesach%m, 66 a • Schahhalh, 30 b et 34 a; Joma, 35 6.

VIE DE JÉSUS

mnces de la nation. Jésus partageait le goût de tout le monde puur ces interprétations allégoriques. Mais la vraie poésie de |a Bible, qui échappmt aux puérils exégètes de Jérusalem, se révélait pleinement à son beau génie. La Loi ne paraît pas avpir eu pour lui beaucoup de charme; il crut pouvoir mieux faire. Mais la poésie religieuse des Psaumes se trouva dans un merveilleux accord avec son âme lyrique; ces hymnes augustes restèrent toute sa vie son aliment et son soutien. Les prophètes, Isaïe en particulier et son continuateur du temps de la captivité, avec leurs brillants rêves d'avenir, leur impétueuse éloquence, leurs invectives entremêlées de tableaux enchanteurs, furent ses véritables maîtres, Jl lut aussi sans doute plusieurs des ouvrages apocrypfes, c'est-à-dire de ces écrits assez modernes , dont les auteurs , pour se donner une autorité qu'on n'accordait plus qu'aux écrits très-anciens, se couvraient du nom de prophètes et de patriarches. Le livre de Daniel surtout le frappa\ Ce livre, composé par un Juif exalté du temps d'Antiochus Épiphane, et mis par lui sous le couvert d'un ancien sageS* était le résumé de l'esprit

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