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m ORIGINES DU CHRISTIAMSME. (An 38]
mulus * de la région des lacs; sur sa gauche, les derniers contre-forts de 'F Anti-Liban, allant rejoindre rHermon. L'impression de ces campagnes richement cultivées, de ces vergers délicieux, séparés les uns des autres par des rigoles et chargés des plus beaux fruits, est celle du calme et du bonheur. Qu'on se figure une route ombragée, s' ouvrant dans une couche épaisse de terreau, sans cesse détrempée par les canaux d'irrigation, bordée de talus, et serpentant au travers des oliviers, des noyers, des abricotiers, des pruniers, reliés entre eux par des vignes en girandole, on aura l'image du lieu où arriva l'événement étrange qui a exercé une si grande influence sur la foi du monde. Vous vous croyez à peine en Orient dans ces environs de^Damas^ et surtout, au sortir des âpres et brûlantes régions de la Gaulonitide et de l'iturée, ce qui remplit l'âme, c'est la joie de retrouver les travaux de l'homme et les bénédictions du ciel. Depuis l'antiquité la plus reculée jusqu'à nos jours, toute cette zone qui entoure Damas de fraîcheur et de bien-être n'a eu qu'un nom, n'a inspiré qu'un rêve, celui du « paradis de Dieu » . Si Paul trouva là des visions terribles, c'est qu'il
%. La plaine est, en effet, à plus de dix-sept cents mètres audessus du niveau de la mer.
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LES APOTRES
les portait en son esprit. Chaque pas qu'il faisait vers Damas éveillait en lui de cuisantes perplexités. L'odieux rôle de bourreau qu'il allait jouer lui devenait insupportable. Les maisons qu'il commence à apercevoir sont peut-être celles de ses victimes. Celte pensée l'obsède, ralentit son pas ; il voudrait ne pas avancer ; il s'imagine résister à un aiguillon qui le presse*. La fatigue de la route 2, se joignant à cette préoccupatio^i, l'accable. Il avait, à ce qu'il paraît, les yeux enflammés ^, peut-être un commencement d'ophthalmie. Dans ces marches prolongées, les dernières heures sont les plus dangereuses. Toutes les causes débilitantes des jours passés s'y accumulent ; les forces nerveuses se détendent ; une réaction s'opère. Peut-être aussi le brusque passage de la plaine dévorée par le soleil aux frais ombrages des jardins détermina-t-il un accès dans l'organisation maladive ^ et gravement ébranlée du voyageur fanatique. Les fièvres pernicieuses, accompagnées de transport au cerveau, sont dans ces parages tout à fait subites. En quelques minutes, on est comme foudroyé. Quand l'accès est passé, on garde l'im-