‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 520 sur 1128 · Voir ci-dessus, p. 171, et II Cor., xii, 1 et suiv · texte numérisé non relu

Voir ci-dessus, p. 171, et II Cor., xii, 1 et suiv

\m ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 38J

pression d'une nuit profonde, traversée d'éclairs, où l'on a vu des images se dessiner sur un fond noir^. Ce qu'il y a de sur, c'est qu'un coup terrible enleva en un instant à Paul ce qui lui restait de conscience distincte, et le renversa par terre privé de sentiment.

11 est impossible, avec les récits que nous avons de cet événement singulier 2, de dire si quelque fait extérieur amena la crise qui valut au christianisme son plus ardent apôtre. Dans de pareils cas, au reste, le fait extérieur est peu de chose. C'est l'état d'âme de saint Paul , ce sont ses remords, à l'approche de la ville où il va mettre le comble à ses méfaits, qui furent les vraies causes de sa conversion ^ Je préfère beaucoup pour ma part l'hypothèse d'un fait personnel à Paul et senti de lui

\. J'ai éprouvé un accès de ce genre à Byblos; avec d'autres principes, j'aurais certainement pris les hallucinations que j'eus alors pour des visions.

2. Nous possédons trois récits de cet épisode capital : Act,j ix, J et suiv.; xxii, 0 et suiv.; xxvi, 12 et suiv.Les différences qu'on remarque entre ces passages prouvent que l'Apôtre lui-même variait dans les récits qu'il faisait de sa conversion. Le récit Actes, IX, lui-même, n'est pas homogène, comme nous le montrerons bientôt. Comparez Gai., i, 13-17; I Cor., ix, 1; xv, 8;^c^,ix,27.

3. Chez les Mormons et dans les « réveils » américains, presque loutcs les conversions sont aussi amenées par une grande tension de l'àm?, produisant des hallucinations.

[An 38J LES APOTRES. 18t

seul *. 11 n'est pas invraisemblable cependant qu'uR orage 2 ait éclaté tout à coup. Les flancs de THermon sont le point de formation de tonnerres dont rien n'égale la violence. Les âmes les plus froides ne traversent pas sans émotion ces effroyables pluies de feu. Il faut se rappeler que , pour toute l'antiquité , les accidents de ce genre étaient des révélations divines, qu'avec les idées qu'on se faisait alors de la Providence, rien n'était fortuit, que chaque homme avait l'habitude de rapporter à lui les phénomènes naturels qui $e passaient autour de lui. Pour les Juifs, en particulier, le tonnerre était toujours la voix de Dieu; l'éclair, le feu de Dieu. Paul était sous le coup de la plus vive excitation. Il était naturel qu'il prêtât à la voix de l'orage ce qu'il avait dans son propre cœur. Qu'un déhre fiévreux , amené par un coup de soleil ou une ophthalmie, se soit tout à coup emparé de lui ; qu'un

1 . La circonstance que les compagnons de Paul voient et entendent comme lui peut fort bien être légendaire, d'autant plus que les récits sont, sur ce point, en contradiction expresse. Comp. Act., IX, 7; xxii, 9; xxvi, 13. L'hypothèse d'une chute de cheval est repoussée par Tensemble des récits. Quant à l'opiniort qui rejette toute la narration àes Actes, en se fondant sur èv èu.ct, de Gai., i, 16, elle est exagérée. Èv vj.d, dans ce passage, a le sens de « pour moi », « à mon sujot )>. Comp. Gai., i, 24. Paul eut sûrement, à un moment précis, une vision qui délerraina sa conversion.

"2. Act., IX. 3, 7; xxii, 6, 9, 11; xxvi, 13.

ORIGINES DL CHIUSTI AMSME.

(An 3«j

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éclair ail amené un long ébloiiissement; qu'un écUit de la foudre l'ait renversé et ait produit une commotion cérébrale, qui oblitéra pour un temps le sens de la vue, peu importe. Les souvenirs de l'Apôtre à cet égard paraissent avoir été assez confus; il était persuadé que le fait avait été surnaturel, et une telle opinion ne lui permettait pas une conscience nette des circonstances matérielles. Ces commotions cérébrales produisent parfois une' sorte d'elTet rétroactif et troublent complètement les souvenirs des moments qui ont précédé la crise ^. Paul, d'ailleurs, nous apprend lui-même qu'il était sujet aux visions 2; quelque circonstance insignifiante aux yeux de tout autre dut suffire pour le mettre hors de lui.

Au milieu des hallucinations auxquelles tous ses sens étaient en proie, que vit-il, qu'entendit-il? Il vit la figure qui le poursuivait depuis plusieurs jours; il vit le fantôme sur lequel couraient tant de récits. 11 vit Jésus lui-même ^, lui disant en hébreu : « Saùl, Saul, pourquoi me persécutes-tu? » Les natures impétueuses passent tout d'une pièce d'un extrême à

! . C'est ce que j'éprouvai dans mon accès de Byblos. Les souvenirs de la veille du jour où je tombai sans connaissance se sont totalement effacés de mon esprit.

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