‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 524 sur 1128 · Act., IX, 18; XXII · texte numérisé non relu

Act., IX, 18; XXII

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diate qu'il avait tout appris. La fière et indomptable nature de Paul reparaissait ici. Abattu sur le chemin, il voulut bien se soumettre, mais se soumettre à Jésus seul, à Jésus qui avait quitté la droite de son Père pour venir le convertir et l'instruire. Telle est la base de sa foi ; tel sera un jour le point de départ de ses prétentions. Il soutiendra que c'est à dessein qu'il n'est pas allé à Jérusalem aussitôt après sa conversion se mettre en rapport avec ceux qui étaient apôtres avant lui ; qu'il a reçu sa révélation particulière et qu'il ne tient rien de personne ; qu'il est apôtre comme les Douze par institution divine et par commission directe de Jésus; que sa doctrine est la bonne, quand même un ange dirait le contraire^. Un immense danger entra avec cet orgueilleux dans le sein de la petite société de pauvres en esprit qui a constitué jusqu'ici le christianisme. Ce sera un vrai miracle si ses violences et son inflexible personnalité ne font pas tout éclater. Mais aussi que sa hardiesse, sa force d'initiative, sa décision vont être un élément précieux à côté de l'esprit étroit, timide, indécis des saints de Jérusalem ! Sûrement, si le christianisme fut resté entre les

]. Gai., I, I, 8-9, il et suiv.; I Cor., ix, 1 ; xi, 23; xv, 8, 9; Col., I, 25; Ephes., i, 19; m, 3, 7, 8 ; Act.j xx, 24; xxii, 14-15, 21 ; XXVI, 16; Homiliae pseudo-clem., xvii, 13-19.

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mains de ces bonnes gens, renfermé dans un conventicule d'illuminés menant la vie commune, il se fut éteint comme l'essénisme sans presque laisser de souvenir. C'est l'indocile Paul qui fera sa fortune, et qui, au risque de tous les périls, le mènera hardiment en haute mer. A côté du fidèle obéissant, recevant sa foi sans mot dire de son supérieur, il y aura le chrétien dégagé de toute autorité, qui ne croira que par conviction personnelle. Le protestantisme existe déjà., cinq ans après la mort de Jésus; saint Paul en est l'illustre fondateur. Jésus n'avait sans doute pas prévu de tels disciples; ce sont eux peut-être qui contribueront le plus à faire vivre son œuvre, et lui assureront l'éternité.

Les natures violentes et poriées au prosélytisme ne ^ changent jamais que l'objet de leur passion. Aussi ardent pour la foi nouvelle qu'il l'avait été pour l'ancienne, saint Paul, comme Omar, passa en un jour du rôle de persécuteur au rôle d'apôtre. Il ne revint pas à Jérusalem S où sa position auprès des Douze aurait eu quelque chose de délicat. Il resta à Damas et dans le Hauran^ et, pendant trois ans (38-M), y prêcha que Jésus était fils de Dieu K Hérode

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