Comparez Jos., B, J., 11, xviii
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Ll-:S APOTUF-S.
sait d'orgueil les Juifs de Jérusalem n'existait pas dans ces grandes villes d'une civilisation toute pro- , fane, où l'horizon était plus étendu et où les préjugés étaient moins enracinés. Les missionnaires chypriotes et cyrénéens furent donc amenés à se départir de leur l'ègle. Ils prêchèrent indifféremment aux Juifs et aux Grecs ^.
Les dispositions réciproques de la population juive et de la population païenne paraissent, à ce moment, avoh' été fort mauvaises 2. Mais des circon-^ stances d'un autre ordre servirent peut-être les idées nouvelles. Le tremblement de terre qui avait gravement endommagé la cité le 23 mars de l'an 37 occupait encore les esprits. Toute la ville ne parlait que d'un charlatan nommé Debborius, qui prétenda,it empêcher le retour de tels accidents par des talismans ridicules ^, Cela tenait les esprits tendus vers les choses surnaturelles. Quoi qu'il en soit, le succès de la prédication chrétienne fut très-grand. Une jeune Eglise ardente, novatrice, pleine d'avenir,
1. Acl.^ XI, 20-21. La bonne leçon est ËXXavx;. ÈxXr.viaTûtç est venu d'un faux rapprochement avec ix, i9.
2. Malala, p. 245. Le récit de Malala ne j)eut, du reste, être exact. Joseph? ne dit pas mot do l'invasion dont parle le chronographe.
3. Ibid., p. 213, 205-266. Com{)arez Comples rendus de l'Acad. des fnscr. et B.-L., séance du 17 août I860.
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parce qu elle était composée des éléments les plus divers, fut fondée en peu de temps. Tous les dons du Saint-Esprit s'y répandirent, et il était dès lors facile de prévoir que cette Église nouvelle, libre du mosaïsme étroit qui traçait un cercle infranchissable autour de Jérusalem, serait le second berceau du christianisme. Certes Jérusalem restera à jamais la capitale religieuse du monde. Cependant le point de départ de l'Église des gentils, le foyer primordial des missions chrétiennes fut vraiment Antioche. C'est là que pour la première fois se constitua une Eglise chrétienne dégagée de liens avec le judaïsme; c'est là que s'établit la grande propagande de l'âge apostolique; c'est là que se forma définitivement saint Paul. Antioche marque la seconde étape des progrès du christianisme. En fait de noblesse chrétienne, ni Rome, ni Alexandrie, ni Constantinople ne sauraient lui être comparées.
La topographie de la vieille Antioche est si effacée qu'on chercherait vainement sur ce sol, presque vide de traces antiques, le point où il faut rattacher tant de grands souvenirs. Ici, comme partout, le christianisme dut s'établir dans les quartiers pauvres, parmi les gens de petits métiers. La basilique qu'on appelait (( Ancienne » et « Apostolique ^ » au iv* siècle,
4 . s. Athanase, Tomus ad Antioch. (0pp. 1. 1, p. 77 1 , édit. Mont-
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était située dans la rue dite de Singon, près du Panthéon *. Mais on ne sait où était ce Panthéon. La tradition et certaines vagues analogies inviteraient à chercher le quartier chrétien primitif du côté de la porte qui garde encore aujourd'hui le nom de Paul, Bâb Bolos 2, et au pied de la montagne nommée par Procope Stavrin^ qui porte le côté sud-est des remparts d' Antioche ^. C'était une des parties de la ville les moins riches en monuments païens. On y voit encore les restes d'anciens sanctuaires dédiés à saint Pierre, à saint Paul, à saint Jean. Là paraît avoir été le quartier où le christianisme s'est te plus longtemps maintenu, après la conquête musulmane. Là fut aussi, ce semble, le quartier des « saints » par opposition à la profane Antioche. Le rocher y est percé, comme une ruche, de grottes qui paraissent avoir
faucon/, S. Jean Chrysost., Ad pop, Ant. homil. i et ii, init. (t. Il, p.1 et '^0)- In Inscr. Ad., u, mit. (t.III,60;;C/irow.PascA., p. 296 (Paris); Théodoret, HisL eccL, II, 27; III, 2, 8, 9. Le rapprochement de ces passages ne permet pas de rendre èv rf y.aXoufxsvij naXaià par « dans ce qu'on appelait l'ancienne ville », ainsi que leo éditeurs l'ont fait quelquefois.