‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 56 sur 1128 · U Macch., vii · texte numérisé non relu

U Macch., vii

ft l'âme du jeune réformateur en fut de bonne heure pénétrée. Nos hésitations , nos doutes ne l'atteignirent iamais. Ce sommet de la montagne de Nazareth, oïl nul homme moderne ne peut s'asseoir sans un sentiment inquiet sur sa destinée peut-être frivole , Jésus s'y est assis vingt fois sans un doute. Délivré de l'égoïsme, source de nos tristesses, qui nous fait rechercher avec âpreté un intérêt d'outre-tombe à la vertu , il ne pensa qu'à son œuvre, à sa race, à l'humanité. Ces montagnes, cette mer, ce cie) d'azur, ces hautes plaines à l'horizon , furent pour lui , non la vision mélancolique d'une âme qui interroge la nature sur son sort, mais le symbole certain, l'ombre transparente d'un monde invisible et d'un ciel nouveau. Il n'attacha jamais beaucoup d'importance aux événements politiques de son temps, et il en était probablement mal informé. La dynastie des Hérodes vivait dans un monde si différent du sien, qu'il ne la connut sans doute que de nom. Le grand Hérode mourut vers l'année même où il naquit, laissant des souvenirs impérissables, des monuments qui devaient forcer la postérité la plus malveillante d'associer son nom à celui de Salomon, et néanmoins une œuvre inachevée, impossible à continuer. Ambitieux profane, égaré dans un dédale de luttes religieuses, cet astucieux Iduméen eut l'avantage que donnent le sang-

VIE DE JÉSUS

'roid et la raison, dénués de moralité, au milieu de fanatiques passionnés. Mais son idée d'un royaume profane d'Israël, lors même qu'elle n'eût pas été un anachronisme dans l'état du monde où il la conçut, aurait échoué, comme le projet semblable que forma Salomon, contre les difficultés venant du caractère même de la nation. Ses trois fils ne furent que des lieutenants des Romains, analogues aux radjas de l'Inde sous la domination anglaise. Antipater ou Antipas, tétrarque de la Galilée et de la Pérée, dont Jésus fut le sujet durant toute sa vie, était un prince paresseux et nul S favori et adulateur de Tibère % trop souvent égaré par l'influence mauvaise de sa seconde femme Hérodiade'. Philippe, tétrarque de la Gaulonitide et de la Batanée , sur les terres duquel Jésus fit de fréquents voyages, était un beaucoup meilleur souverain*. Quant à Archélaûs, ethnarque de Jérusalem, Jésus ne put le connaître. Il avait environ dix ans quand cet homme faible et sans caractère, parfois violent, fut déposé par Auguste *. La dernière trace d'un gouvernement indépendant fut de la sorte

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