‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 646 sur 1128 · Dion Cassius, XXXVIl · texte numérisé non relu

Dion Cassius, XXXVIl

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Trajan qu'on voit l'Empire les persécuter systématiquement, comme hostiles aux autres , comme intolérantes et comme impliquant la négation de l'État. En somme, la seule chose à laquelle l'empire romain ait déclaré la guerre, en fait de religion, c'est la théocratie. Son principe était celui de l'État laïque; il n'admettait pas qu'une religion eut des conséquences civiles ou politiques à aucun degré; il n'admettait surtout aucune association dans l'Etat en dehors de l'État. Ce dernier point est essentiel; il est, à vrai dire, la racine de toutes les persécutions. La loi sur les confréries, bien plus que l'intolérance religieuse, fut la cause fatale des violences qui déshonorèrent les règnes des meilleurs souverains.

Les pays grecs , en fait d'association comme dans toutes les choses bonnes et délicates, avaient eu la priorité sur les Romains. Les éranes ou thiases grecs d'Athènes, de Rhodes, des îles de l'Archipel avaient été de belles sociétés de secours mutuels, de crédit, d'assurance en cas d'incendie, de piété, d'honnêtes plaisirs^ Chaque érane avait ses décisions gra-

1. Voir les inscriptions publiées ou corrigées dans Va Revue archeoL. nov. 1864, 397 et suiv.; déc. 1864, p. 460 et suiv.; juin 1865, p. 451-452 et p. 497 et suiv.; sept. 1865, p. 214 et suiv.: avril 1866; Ross, Inscr. grœc. ined., fasc. Il, n° 282, 291, 292; Hamillon, Researches in Asia Minor, vol. II, n° 301; Corpus

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vées sur des stèles, ses archives, sa caisse commune, alimentée par des dons volontaires et des cotisations. Les éranistes, ou tbiasites, célébraient ensemble certaines fêtes, se réunissaient pour des banquets, oii régnait la cordialité ^. Le sociétaire, dans ses embarras d'argent, pouvait faire des emprunts à la caisse, à charge de remboursement. Les femmes faisaient partie de ces éranes; elles avaient leur présidente à part (proéranistrie). Les assemblées étaient absolument secrètes; un règlement sévère y maintenait Tordre; elles avaient lieu, ce semble, dans des jardins fermés, entourés de portiques ou de petites constructions, et au milieu desquels s'élevait l'au-' tel des sacrifices-. Enfin, chaque congrégation avait un corps de dignitaires, tirés au sort pour un an {dérotes ^), selon l'usage des anciennes démocraties grecques , et d'où le « clergé » chrétien ^ peut

imcr. grœc, n«* 120, 126, 2525 b, 2562; Rhangabé, AJitiq. heU lén., n° 811; Henzen, n° 6082; Virgile, Ecl.,\, 30. Comp. Harpocration, Lex., au mot epavKmn;; Festus, au mot Thiasitas; Digeste, XLVII, XXII, de Coll. et Corp., 4; Pline, Epist., X, 93, 94. 4 . Arislote, Mor. à Mcom., VIII, ix, 5; Plut., Quest. grecques A^- 2. Wescher, dans les Archives des missions scientif., 2* série, t. 1, p. 432, et Rev. arch. , sept. 1865, p. 221-222. Cf. Arislote, Œconom., II, 3; Strabon, ÏX, i, 15; Corpus inscr. gr., n« 2271, lignes 13-14.

4. KXxpc;. L'étymologie ecclésiastique de aK^^; est différente et

avoir tiré son nom. Le président seul était élu. Ces officiers faisaient subir au récipiendaire une sorte d'examen , et devaient certifier qu'il était .« saint, pieux et bon » ^. 11 y eut, dans ces petites confréries, durant les deux ou trois siècles qui précédèrent notre ère, un mouvement presque aussi varié que celui qui produisit au moyen âge tant d'ordres religieux et de subdivisions de ces ordres. On en a compté, dans la seule île de Rhodes, jusqu'à dix-neuf 2, dont plusieurs portent les noms de leurs fondateurs et de leurs réformateurs. Quelques-uns de ces thiases, surtout ceux de Bacchus^, avaient des ^doctrines relevées, et cherchaient à donner aux hommes de bonne volonté quelque consolation. S'il restait encore dans le monde grec un peu d'amour, de piété, de morale religieuse, c'était grâce à la liberté de pareils cultes privés. Ces cultes faisaient une sorte de concurrence à la religion offi-

implique une allusion à la position de la tribu de Lévi en Israël. Mais il n'est pas impossible que le mot ait été primitivement emprunté aux confréries grecques (cf. Ad., i , 25-26; I Pétri, v, 3 , Clém. d'Alex., dans Eusèbe, H. E., IIÏ, 23). M. Wescher a trouve parmi les dignitaires de ces confréries un èmff/.o-c; [Revue arch., avril 1866). Voir ci-dessus, p. 86. L'assemblée s'appelait quelquefois <rjva-ï«-p [Revue arc/i., sept. 1865, p. 216; Pollux, IX, viii, 143). 1 . Corp. inscr, gr., n» 1 26. Comp. Rev, arch,, sept. 1 865, p. 21 6. ■ 2. Wescher, dans \d.Revue archéol.,déc, 1864, p. 460 et suiv.

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