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nouvelle que la fantaisie personnelle du fondateur ; c'est le doigt de Dieu pour ceux qui voient le résultat. Le fou côtoie ici l'homme inspiré ; seulement, le fou ne réussit jamais. Il n'a pas été donné jusqu'ici, i l'égarement d'esprit d'agir d'une façon sérieuse sur la marche de l'humanité, ^'r^ ^ ^^-^^r!^ ■
Jésus n'arriva pas sans doute du premier coup à cette haute affirmation de lui-même. Mais il est probable que, dès ses premiers pas, il s'envisagea avec Dieu dans la relation d'un fils avec son père. Là est son grand acte d'originalité ; en cela, il n'est nulle-
1 Voir, par exemple, Jean, xxi, 15 et suiv.,en observant que ce .rait parait avoir été exagéré dans le quatrième Évangile.
ment de sa race^ Ni le juif, ni le musulman, n'ont compris cette délicieuse théologie d'amour. Le Dieu de Jésus n'est pas le maître fatal qui nous tue quand il lui plaît, nous damne quand il lui plaît, nous sauve quand il lui plaît. Le Dieu de Jésus est Notre Père. On l'entend en écoutant un souffle léger qui crie en nous : « Père '. » Le Dieu de Jésus n'est pas le despote partial qui a choisi Israël pour son peuple et le protège envers et contre tous. C'est le Dieu de l'humanité. Jésus ne sera pas un patriote comme les Macchabées, un théocrate comme Juda le Gaulonite. S'élevant hardiment audessus des préjugés de sa nation, il établira l'universelle paternité de Dieu. Le Gaulonite soutenait qu'il faut mourir plutôt que de donner à un autre que Dieu le nom de « maître » ; Jésus laisse ce nom à qui veut le prendre , et réserve pour Dieu un titre plus doux. Accordant aux puissants de la terre, pour lui représentants de la force, un respect plein d'ironie, il fonde la consolation suprême, le recours au Père que chacun a dans le ciel, le
4. La belle âme de Philon se rencontra ici, comme sur tant d'autres points, avec celle de Jésus. De confus, ling., § 14; De migr. Ahr., %\\ De sonmiis, II, § 41 ; De agric, Noë, § 1 2 ; De mutatio7ie nominum, § 4.