Kat ûjust?; comp. Col., iv
lettre banale avec une lettre topique et particulière? Cela n est pas tout à fait impossible ; mais cela est peu vraisemblable. On diminuera l'invraisemblance d'une telle conception en supposant que Paul ^ confia ce soin à^l'un de ses disciples. Peut-être Timothée, par exemple, aura-t-il pris l'épîlre aux Golossiens pour l'amplifier et en faire un morceau général susceptible d'être adressé à toutes les Eglises d'Asie. Il est difficile de se prononcer là- dessus avec assurance ; car il est supposable aussi que répître ait été composée après la mort de Paul, à une époque oii l'on se mit à rechercher les écrits apostoliques, et où, vu le petit nombre de ces écrits, on ne se fit pas scrupule d'en fabriquer de nouveaux en imitant, en mêlant ensemble, en copiant et en délayant des écrits tenus antérieurement pour apostoliques. Ainsi la seconde épître dite de Pierre a été fabriquée avec la r Pétri et avec l'épître de Jude. Il serait possible que l'épître dite aux Ephésiens doive son origine au même procédé \ Les ob-
1 Comp., par exemple, Eph., iv, 2, 32;v, 1, à Col.,iii, 12-13; nmitatioa est là de telle nature qu elle ne peut guère conven.r nu à un copiste servile. Comp. aussi Eph., iv,11, à I Cor., xii,28; Eph., m, 8, à I Cor., xv, 9; Eph., m, 9, à I Cor., iv, 1 ; Eph., i, 20, à Rom., viii, 34; Eph., iv, 17 et suiv., à Rom., i, 21 et suiv.; Eph., VI, 47, àlThess., V, 8.
INTRODUCTION
jections qu'on adresse à l'épître aux Colossiens sous le rapport de la langue et des doctrines s'adœssent encore plus à celle-ci. L'épître aux Éphésiens, pour le style, s'écarte sensiblement des épîtres certaines; elle a des expressions favorites, des nuances' qui n'appartiennent qu'à elle, des mots étrangers à la langue ordinaire de saint Paul, et dont quelques-uns se retrouvent dans les épîtres à Timothée, à Tite et aux Hébreux*; la phrase est diffuse, molle, chargée de mots inutiles et de répétitions, enchevêtrée d'incidentes parasites, pleine de pléonasmes et d'embarras *. Même différence pour le fond des idées : dans l'épître dite aux Éphésiens, le gnosticisme est tout à fait manifeste^; l'idée de l'Église, conçue comme un organisme vivant * , y est développée d'une manière qui reporte l'esprit aux années 75 ou 80; l'exégèse s'écarte des habitudes de Paul ' ; la façon dont il est
1. AiâêoXo;, (TWTxpiov, èv toïç STr&upavtot;, rà irvcuficcTwâ pour rà irveu^ara, (^tà-i'^ii^ dans le sens d'enseigner, oîxovcfxîa appliqué au plan divin, construction particulière de TtXr.pcQoôat, "are ■yivwoxovte;, ^aoiXeîa toû xP^ïtoO xal ôecû, xcop-oxpàrope;, etc. La salutation (vi, 23-
24) est insolite ; la vanterie de m, 4, l'est encore plus.