Act., XIV
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ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 51]
convarlit cl s'adjoignit pour disciple, compagnon et collaborateur ' un jeune homme incirconcis et né de parents païens, nommé Titus % qu'on voit désormais
avec lui.
Un grave dissentiment, qui faillit anéantir Tœuvre
de Jésus, éclata vers ce temps et mit l'Église naissante à deux doigts de sa perte. Ce dissentiment tenait à ressence même de la situation; il était inévitable; c'était une crise que la religion nouvelle ne pouvait manquer de traverser.
Jésus, en portant la religion sur les plus hauts sommets où elle ait jamais été portée , n'avait pas dit bien clairement s'il entendait ou non rester juif. Il n'avait pas marqué ce qu'il voulait conserver du judaïsme. Tantôt, il soutenait qu'il était venu confirmer la Loi de Moïse, tantôt, la supplanter. A vrai dire , c'était là, pour un grand poëte comme lui, un détAii insignifiant. Quand on est arrivé à connaître le Père céleste, celui qu'on adore en esprit et en vérité, on n'est plus d'aucune secte, d'aucune religion particulière, d'aucune école. On est de la religion vraie; toutes les pratiques deviennent indifférentes; on ne les méprise pas , car ce sont des signes qui ont été
[Ad bi SAINT PAUL. h&
OU sont encore respectables; mais on cesse de leur prêter une vertu intrinsèque. Circoncision, baptême, pâque , azymes , sacrifices , tout cela devient également secondaire. On n'y pense plus. Aucun incirconcis, d'ailleurs, ne se mit nettement avec Jésus, de son vivant ; la question n'eut donc pas l'occasion de se poser. Comme tous les hommes de génie, Jésus ne se souciait que de l'âme. Les questions pratiques les plus importantes , celles qui paraissent capitales aux esprits inférieurs, celles qui causent le plus de torture aux hommes d'application, n'existaient pas pour lui. A sa mort, le désarroi avait été général. Abandonnés à eux-mêmes, privés de celui qui avait été pour eux toute mie vivante théologie, ils revinrent aux pratiques de la piété juive. C'étaient des gens dévots au plus haut degré ; or la dévotion du temps, c'était la dévotion juive. Ils gardèrent leurs habitudes, et retombèrent dans ces petites pratiques que les personnes ordinaires envisageaient comme l'essence du judaïsme. Le peuple les tenait pour de saintes gens; par un singulier revirement, les pharisiens, qui avaient servi de point de mire aux plus fines rîûlleries de Jésus, se réconcilièrent presque avec ses disciples*. Ce furent les saddu-