‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 791 sur 1128 · Act., XV, 5; xxi · texte numérisé non relu

Act., XV, 5; xxi

74 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 51J

impossible; les deux moitiés de l'Église de Jésus n'eussent pu communier Tune avec l'autre. Au point de vue théologique, la question était plus grave encore : il s'agissait de savoir si l'on était sauvé par les œuvres de la Loi ou par la ^râce de Jésus- Christ.

Quelques membres de l'Église de Judée, étant venus à Antioche, sans mission, à ce qu'il paraît, du corps apostolique * , provoquèrent le débat *. Ils déclarèrent hautement qu'on ne pouvait être sauvé sans la circoncision. Il faut se rappeler que les chrétiens, qui avaient à Antioche un nom et une individualité particulière, n'en avaient pas à Jérusalem; ce qui n'empêchait pas que ce qui venait de Jérusalem n'eut dans toute l'Église beaucoup de force , car le centre de l'autorité était là. On fut fort ému. Paul et Barnabe résistèrent de la façon la plus énergique. Il y eut de longues disputes. Pour y mettre un tern>e, il fut décidé que Paul et Barnabe iraient h Jérusalem s'entendre avec les apôtres et les anciens sur ce

sujet.

L'affaire avait pour Paul une importance personnelle. Son action jusque-là avait été presque abso-

li, Act.j XV, 24. Le soin avec lequel on insiste sur ce point prouve qu'au moins on les soupçonnait fort d'en avoir une. 2. Act.^w, i-2.

[An 51]

lument indépendante. Il n'avait passé que quinze jours à Jérusalem depuis sa conversion et depuis onze ans il n'y avait pas mis le pied^ Aux yeux de plusieurs il était une sorte d'hérétique, enseignant pour son propre compte et à peine en communion avec le reste des fidèles. Il déclarait fièrement qu'il avait eu sa révélation, son. Évangile. Aller à Jérusalem, c'était , du moins en apparence , renoncer à sa liberté, soumettre son Évangile à celui de l'Église mère , apprendre d'autrui ce qu'il savait par une révélation propre et personnelle. Il ne niait pas les droits de l'Église mère; mais il s'en défiait, parce qu'il connaissait l'obstination de quelques-uns de ses membres. Il prit donc ses précautions pour ne pas trop s'engager. Il déclara qu'en allant à Jérusalem, il ne cédait à aucune injonction; il feignit même, selon une prétention qui lui était habituelles d'obéir en cela à un ordre du ciel , et d'avoir eu à ce sujet une révélation ^ Il prit avec lui son disciple Titus, qui partageait toutes ses idées, et

\ Gai., II, 1. Il semblerait plus naturel de dire « quatorze » ans. Mais,' si l'on ne compte pas les quatorze ans à partir du moment de la conversion (cf. ibid.. i, 17-1 8), .on tombe dans des difficultés de chronologie presque insolubles.

Page 1