‹ Histoire des origines de Christianisme [microform]Chapitre 790 sur 1128 · Philon, Leg. ad Caimh § 45; Strabon , XVI, il · texte numérisé non relu

Philon, Leg. ad Caimh § 45; Strabon , XVI, il

[An51J SAINT PAUL. "

étaient considérées comme impmes^ Or ces viandes, après les sacrifices, étaient souvent portées au marché' oti il devenait fort difficile de les distinguer. De là d'inextricables scrupules. Le s juifs sévères ne regardaient pas comme licite de s'approvisionner indistinctement au marché ; ils v oulaient qu'on questionnât le vendeur sur l'origine de la viande et qu'avant d'accepter les mets on questionnât l'hôte sur la manière dont il s'était approvisionné '. Imposer ce fardeau de casuistique aux néophytes eût été évidemment tout gâter. Le christianisme n'eût pas été le christianisme, si, comme le judaïsme de nos jours, il eût été obligé d'avoir ses boucheries â part, si le chrétien n'eût pu sans violer ses devoirs manger avec les autres hommes. Quand on a vu dans quel réseau de difficultés les religions très -chargées de prescriptions de ce genre enserrent la vie- quand on a vu en Orient le juif, le musulman séparés par leurs lois rituelles, comme par un mur, du monde euro-

1 Exode XXXIV, 15; Mischna, Ahoda zara. ii, 3.

; Théophraste, CaracL. .x; Servius, ad Mneid., VIU, 183.

■K ICor VIU, 4 et suiv. ; X, 25 et smv.

4. e c ;;rai l'exemple des .étua.is de Syrie, réduUs au dualisme le plus sombre par l'obligation où ils sont de br.seMoule leur vaisselle et de bouleverser leur maison dès qu'un chret.en y a touché.

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péen où ils pourraient prendre leur place , on comprend rimmense importance des questions qui se décidaient au moment où nous sommes. Il s'agissait de savoir si le christianisme serait une religion formaliste, rituelle, une religion d'ablutions, de purifications, de distinctions entre les choses pures el les choses impures, ou bien la religion de l'esprit, le culte idéaliste qui a tué ou tuera peu à peu le matérialisme religieux, toutes les pratiques, toutes les cérémonies. Pour mieux dire, il s'agissait de savoir si le christianisme serait une petite secte ou une religion universelle , si la pensée de Jésus sombrerait par l'incapacité de ses disciples, ou si cette pensée , par sa force première , triompherait des scrupules de quelques esprits étroits et arriérés qui étaient en train de se substituer à elle et de l'oblitérer.

La mission de Paul et de Barnabe avait posé la question avec une telle force, qu'il n'y avait plus moyen de reculer devant une solution. Paul, qui , dans la première période de sa prédication, avait, ce semble, prêché la circoncision ' , la déclarait maintenant inutile. Tl avait admis d'emblée des païens dans

Jl . Cela semble résulter de II Cor., v, 1 6 ; Gai., v, 4 1 , en observant la force de lu.

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l'Église; il avait formé des Églises de gentils; Titus, son ami intime, n'était pas circoncis. L'Église de Jérusalem ne pouvait plus fermer les yeux sur des faits aussi notoires. En général, cette Église était, sur le point qui nous occupe, hésitante ou favorable au parti le plus arriéré. Le sénat conservateur était là. Voisins du temple, en contact perpétuel avec les pharisiens, les vieux apôtres, esprits étroits et timides, ne se prêtaient pas aux théories profondément révolutionnaires de Paul. Beaucoup de pharisiens, d'ailleurs, avaient embrassé le christianisme, sans renoncer aux principes essentiels de leur secte '. Pour de telles personnes, supposer qu'on pouvait être sauvé sans la circoncision était un blasphème. La Loi leur paraissait subsister dans son entier. On leur disait que Jésus était venu y mettre le sceau , non l'abroger. Le privilège des enfants d'Abraham leur paraissait intact ; les gentils ne pouvaient entrer dans le royaume de Dieu sans s'être préalablement affiliés à la famille d'Abraham; avant d'être chrétien, en un mot, il fallait se faire juif. Jamais, on le • voit, le christianisme n'eut h résoudre un doute plus fondamental. Si l'on eût voulu croire le parti juif, l'agape même , le repas en commun, eût été

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