t S'il est permis de l'appeler homme
2. Au lieu de ô Xpicrb? cuto; xv, il y avait probablement Xpiarb; o5to; iU^tro. Cf. AnL, XX, ix, 4 ; Origène, In Matth., x, 47; Contre Celse, I, 47; II, 13.
3. Eusèbe {HisL eccl., I, 41, et Démonstr. êvang., III, 5) cite le passage sur Jésus comme nous le lisons maintenant dans Josèphe. Origène (Contre Celse, I, 47, II, 43), Eusèbe ( Hisl, eccL, II, 23), saint Jérôme {De viris ilL, 2, 43), Suidas (au mot Iwor.irc;) citent une autre interpolation chrétienne, laquelle ne se îrouve dans aucun des manuscrits de Joeèphe qui sont parvenus jusqu'à nous.
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partie juive des vers sibyllins, le livre d'Hénoch, TAssomption de Moïse, le quatrième livre d'Esdras, l'Apocalypse de Baruch, joints au livre de Daniel, qui est, lui aussi, un véritable apocryphe, ont une importance capitale pour l'histoire du déveloDpement des théories messianiques et pour Tintelligence des conceptions de Jésus sur le royaume de Dieu*. Le livre d'Hénoch, en particulier*, et l'Assomption de Moïse', étaient fort lus dans l'entourage de Jésus. Quelques paroles prêtées à Jésus par les synoptiques sont présentées dans l'Épître attribuée à saint Barnabe comme étant d'Hénoch : à; Èvw)^ >.£yet*. Il est
<. Les lecteurs français peuvent consulter sur ces sujets : Alexandre, Carmina sibyllina, Paris, 4851-56; Reuss, les Sibylles chrétiennes, dans la Revue de théologie, avril et mai 1 861 ; Colani, Jésus-Christ et les croyances messianiques, p. 16 et suiv., sans préjudice des travaux d'Ewald , Dillmann, Volkmar, Ililgenfeld.
2. Judae Epist., 6, 14; II* Pétri, ii, 4; Testament des douze patriarches, Sim., 5; Lévi, 10, 14, 16; Juda, 18; Dan, 5; Nepht., 4; Benj., 9; Zab., 3.
3. Judae Epist., 9 (voirOrigène, De principiis , lll, n, 1; Didyme d'Alex., Max. Bibl. Vet. Patr., IV, p. 336). Comparez Matth., XXIV, 21 et suiv. à VAss. de Moïse, c. 8 et 10 ( p. 104, 103, édit. Hilgenfeld); Rom., ii, 15 à YAss., p. 99-100.
4. Épître de Barnabe, ch. iv, xvi (d'après le Codex sinatticiis, édit. Hilgenfeld, p. 8, 52), en comparant Hénoch, i.xxxix, 56 et Buiv.; Matth., xxiv, 22; Marc, xiii, 20. Voir d'autres coïncidences du môme genre, ci -dessous, p. lt, note; p. 40, note; p. 366, note 1 . Comparez aussi les paroles de Jésus rapportées par Papias
très-difficile de déterminer la date des différentes sections qui composent le livre prêté à ce patriarche. Aucune d'elles n'est certainement antérieure à l'an 150 avant J.-C. ; quelques-unes peuvent avoir été écrites par une main chrétienne. La section contenant les discours intitulés « Similitudes » et s'étendant du chapitre xxxvii au chapitre lxxi est soupçonnée d'être un ouvrage chrétien. Mais cela n'est pas démontré*. Peut-être cette partie a-t-elle seulement éprouvé des altérations*. D'autres additions ou retouches chrétiennes se reconnaissent çà et là.
Le recueil des vers sibyllins exige des distinctions analogues; mais celles-ci sont plus faciles à établir. La partie la plus ancienne est le poëme contenu dans le livre III, v. 97-817 ; elle paraît de l'an lâO environ avant J.-G. En ce qui concerne la date du qua-
(dans Irénée, Adv. hœr., V, xxxiii, 3-4) à Hénoch, x, 19 et à l'Apocalypse de Baruch, § 29 (Ceriani, Monum. sacra et profana, 1. 1, fasc. I, p. 80).
1. Je suis assez porté à croire qu'il y a dans les Évangiles des allusions à cette partie du livre d'Hénoch, ou du moins à des parties toutes semblables. Voir ci-dessous, p. 366, note 1.
2. Le passage ch. lxvii, 4 et suiv., où les phénomènes volcaniques des environs de Pouzzoles sont décrits , ne prouve pas qme toute la section dont il fait partie soit postérieure à l'an 79, date de l'éruption du Vésuve. Il semble qu'il y a des allusions à des phénomènes du môme genre dans V Apocalypse (ch. ix), laquelle est de l'aa 68.
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VIE DE JÉSUS
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trièmc livre d'Esdras, tout le monde est à peu pr&s d'accord aujourd'hui pour rapporter cette apocalypse à Tan 97 après J.-G. Elle a été altérée par les chrétiens. L'Apocalypse de Baruch * a beaucoup de ressemblance avec celle d'Esdras; on y retrouve, comme dans le livre d'Hénoch, quelques-unes des paroles prêtées à Jésus*. Quant au livre de Daniel, le caractère des deux langues dans lesquelles il est écrit; l'usage de mots grecs; l'annonce claire, déterminée, datée, d'événements qui vont jusqu'au temps d' Antiochus Épiphane ; les fausses images qui y sont tracées de la vieille Babylonie; la couleur générale du livre, qui ne rappelle en rien les écrits de la captivité, qui répond, au contraire, par une foule d'analogies aux croyances, aux mœurs, au tour d'imagination de l'époque des Séleucides; la forme apocalyptique des visions ; la place du livre dans le canon hébreu hors de la série des prophètes; l'omission de Daniel dans les panégyriques du chapitre xlix de V Ecclésiastique, où son rang était comme indiqué; bien d'autres preuves qui ont été cent fois déduites, ne permettent pas de douter
^ . Elle vient d'être publiée en traduction latine d'après un original syriaque par M. Ceriani, Anecdota sacra et profana, tom. I, fasc. II ( Milan, 4866).
î. Vcir ci-dessus, p. xLn-XLHi, notes 3 et 4.
que ce livre ne soit le fruit de la grande exaltation produite chez les Juifs par la persécution d' Antiochus. Ce n'est pas dans la vieille littérature prophétique qu'il faut le classer ; sa place est en tête de la littérature apocalyptique, comme premier modèle d'un genre de composition où devaient prendre place après lui les divers poèmes sibyllins, le livre d'Hénoch, l'Assomption de Moïse, l'Apocalypse de Jean, l'Ascension d'Isaïe, le quatrième livre d'Esdms.
Dans l'histoire des origines chrétiennes, on a jusqu'ici beaucoup trop négligé le Talmud. Je pense, avec M. Geiger, que la vraie notion des circonstances où se produisit Jésus doit être cherchée dans cette compilation bizarre, où tant de précieux renseignements sont mêlés à. la plus insignifiante scolastique. La théologie chrétienne et la théologie juive ayant suivi au fond deux marches parallèles, l'histoire de l'une ne peut être bien comprise sans l'histoire de l'autre. D'innombrables détails matériels des Évangiles trouvent, d'ailleurs, leur commentaire dans le Talmud Les vastes recueils latins de Lightfoot, de Schœttgcn, deBuxtorf, d'Otho, contenaient déjà, à. cet égard une foule de renseignements. Je me suis imposé de vérifier dans l'original toutes les citations que j'ai admises, sans en excepter une seule. La collaboration que m'a prêtée pou^ cette partie de mon travail
• VIE DE JÉSUS
un savant îsraélîte, M. Neubauer, très-versé dans la littérature talmudique, m'a permis d'aller plus loin et d'éclairer certaines parties de mon sujet par quelques nouveaux rapprochements. La distinction des époques est ici fort importante, la rédaction du Talmud s'étendant de l'an 200 à l'an 500, à peu près. Nous y avons porté autant de discernement qu'il est possible dans l'état actuel de ces études. Des dates si récentes exciteront quelques craintes chez les personnes habituées à n'accorder de valeur à un document que pour l'époque même où il a été écrit. Mais de tels scrupules seraient ici déplacés. L'enseignement des juifs depuis l'époque asmonéenne jusqu'au II* siècle fut principalement oral. Il ne faut pas juger de ces sortes d'états intellectuels d'après les habitudes d'un temps où l'on écrit beaucoup. Les védas, les poèmes homériques, les anciennes poésies arabes ont été conservés de mémoire pendant des siècles, et pourtant ces compositions présentent une forme trèsarrétée, très-délicate. Dans le Talmud, au contraire, la forme n'a aucun prix. Ajoutons qu'avant la Mischm de Juda le Saint, qui a fait oublier toutes les autres, il y eut des essais de rédaction, dont les commencements remontent peut-être plus haut qu'on ne le suppose communément. Le style du Talmud est celui de notes de cours : les rédacteurs ne firent orobablement
INTRODUCTION
XLTIt
que classer sous certains titres l'énorme fatras d'écritures qui s'était accumulé dans les différentes écoles durant des générations.
Il nous reste à parler des documents qui, se présentant comme des biographies du fondateur du christianisme, doivent naturellement tenir la première place dans une vie de Jésus. Un traité complet sur la rédaction des Evangiles serait un ouvrage à lui seul. Grâce aux beaux travaux dont cette question a été l'objet depuis trente ans, un problème qu*on eût jugé autrefois inabordable est arrivé à une solution qui assurément laisse place encore à bien des incertitudes, mais qui suffit pleinement aux besoins de l'histoire. Nous aurons plus tard occasion d'y revenir, la composition des Evangiles ayant été un des faits les plus importants pour l'avenir du christianisme qui se soient passés dans la seconde moitié du I*' siècle. Nous ne toucherons ici qu'une seule face du sujet, celle qui est indispensable à la solidité de notre récit. Laissant de côté tout ce qui appartient au tableau des temps apostoliques , nous rechercher: rons seulement dans quelle mesure des données fournies par les Évangiles peuvent être employées dans une histoire dressée selon des principes rationnels *.
4. Les lecteurs français qui souhaiteraient de plus amples dévo-
ZLTIII
TIE DE JESUS
INTRODUCTION
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Que les Évangiles soient en partie légendaires, c'est ce qui est évident, puisqu'ils sont pleins de miracles et de surnaturel; mais il y a légende et légende. Personne ne doute des principaux traits de la vie de François d'Assise, quoique le surnaturel s'y rencontre à chaque pas. Personne, au contraire, n'accorde de créance à la « Vie d'Apollonius de Tyane », parce qu'elle a été écrite longtemps après le héros et dans les conditions d'un pur roman^A quelle époque, par quelles mains, dans quelles conditions les Évangiles ont-ils été rédigés? Voilà donc la question capitale d'où dépend l'opinion qu'il faut se former de leur crédibilité.^
On sait que chacun des quatre Évangiles porte en tête le nom d'un personnage connu soit dans l'histoire apostolique, soit dans l'histoire évangélique elle-même. Il est clair que, si ces titres sont exacts, les Évangiles, sans cesser d'être en partie légendaires, prennent une haute valeur, puisqu'ils nous font remonter au demi-siècle qui suivit la mort de
loppements peuvent lire , outre les ouvrages de M. Réville , de M. Nicolas et de M. Stap précités, les travaux de MM. Reuss, Scherer, Schwalb. Scholten ( traduit par Réville), dans la Revue de théologie, l. S., XI, XV; deuxième série , Il , 111, IV; troisième série, 1 , II , m, IV, - et celui de M. Réville, dans la Revue des Deux Mondes, 4" mai et 1" juin 1866.
Jésus, et même, dans deux cas, aux témoins oculaires de ses actions.
Pour Luc, le doute n'est guère possible. L'Evangile de Luc est une composition régulière, fondée sur des documents antérieurs*. C'est l'œuvre d'un homme qui choisit, élague, combine. L'auteur de cet Évangile est certainement le même que celui des Actes des apôtres*. Or, l'auteur des Actes semble un compagnon de saint Paul', titre qui convient parfaitement à Luc*. Je sais que plus d'une objection peut être opposée à ce raisonnement ; mais une chose au moins est hors de doute, c'est que l'auteur du troisième Évangile et des Actes est un homme de la seconde génération apostolique, et cela suffit h. notre objet. La date de cet Évangile peut, d'ailleurs, être déterminée avec assez de précision par des considérations tirées du livre même. Le chapitre xxi de Luc, inséparable du reste de l'ouvrage, a été écrit certainement après le siège de Jérusalem, mais pas
<. Lut., 1, 1-4.